Tensions frontalières : conakry privilégie le dialogue et convoque un sommet de l’union du fleuve mano

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Face aux tensions enregistrées ces derniers jours le long de certaines frontières communes, les autorités guinéennes privilégient l’option diplomatique pour prévenir toute escalade. Le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a décidé de convoquer à Conakry un sommet de la Mano River Union afin d’aborder les différends signalés avec le Liberia et la Sierra Leone.

L’annonce a été faite samedi 14 mars 2026 par le ministre guinéen des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, en marge d’une rencontre stratégique réunissant la haute hiérarchie militaire guinéenne.

Selon le chef de la diplomatie, la situation récente a été marquée par plusieurs incidents aux frontières, mais les autorités guinéennes affirment avoir privilégié une approche combinant fermeté et dialogue.

« Nous avons évité le pire », a déclaré Morissanda Kouyaté, évoquant des « provocations » tout en soulignant que le chef de l’État a réaffirmé la détermination de la Guinée à défendre l’intégrité de son territoire.

Dans le même temps, a-t-il ajouté, le président Doumbouya s’est dit disposé à engager des discussions avec les pays voisins afin de résoudre les différends dans un esprit de coopération régionale et de panafricanisme.

Un cadre régional pour régler les différends

La rencontre annoncée devrait se tenir dans le cadre de la Mano River Union, une organisation sous-régionale qui regroupe la Guinea, la Liberia, la Sierra Leone et la Côte d’Ivoire.

Créée en 1973 et relancée au début des années 2000 après les conflits civils dans la région, cette structure vise notamment à renforcer la coopération économique, sécuritaire et politique entre ses États membres.

La Guinée assure actuellement la présidence tournante de cette organisation, ce qui lui confère la possibilité de convoquer une réunion extraordinaire des chefs d’État en cas de besoin.

Selon Morissanda Kouyaté, les dirigeants de la Sierra Leone et du Liberia ont manifesté leur disponibilité à se rendre à Conakry afin d’examiner la situation autour d’une table de discussion.

« L’objectif est d’aplanir tous ces différends dans le cadre de la Mano River Union », a précisé le ministre.

Préserver la stabilité aux frontières

La date du sommet n’a pas encore été rendue publique. Toutefois, cette initiative diplomatique intervient dans un contexte où les zones frontalières de la région restent sensibles, en raison notamment de la porosité des frontières, des mouvements de populations et de la présence de communautés transfrontalières.

Les rencontres au sommet de la Mano River ont, par le passé, servi de cadre pour désamorcer plusieurs tensions régionales et coordonner les réponses sécuritaires entre États voisins.

Les autorités guinéennes espèrent ainsi que cette nouvelle réunion permettra de renforcer la concertation entre les pays membres et de préserver la stabilité dans cette partie de l’Afrique de l’Ouest.

La rédaction 

 

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