Guinée: ultime hommage à doyen souleymane diallo

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L a presse guinéenne, les autorités et de nombreux citoyens ont rendu un hommage solennel à Souleymane Diallo, fondateur du journal Le Lynx, à l’occasion d’un symposium organisé, jeudi 11 juin 2026, au Palais du Peuple de Conakry.

Cette rencontre, marquée par une forte affluence et une vive émotion, a salué la mémoire d’un acteur clé du développement du journalisme indépendant en Guinée.

Décédé à l’âge de 78 ans, Souleymane Diallo laisse derrière lui une carrière de plusieurs décennies consacrée à la défense de la liberté de la presse, du pluralisme de l’information et des valeurs démocratiques.

Considéré comme l’un des pionniers de la presse privée dans le pays, il a profondément marqué le paysage médiatique national.

Au cours de la cérémonie, plusieurs intervenants issus du monde des médias, des institutions publiques et de la société civile ont dressé le portrait d’un professionnel engagé, souvent décrit comme une « conscience critique » de la nation.

Les témoignages ont mis en avant son rôle déterminant dans l’émergence d’une presse libre à partir des années 1990, dans un contexte d’ouverture politique.

Prenant la parole au nom des associations de presse, Amadou Tham Camara a souligné l’ampleur de la perte pour le secteur. Il a rappelé que le défunt n’était pas seulement un observateur de l’évolution médiatique, mais un acteur central de sa construction.

Selon lui, Souleymane Diallo a contribué à poser les bases d’un journalisme d’investigation et d’opinion en Guinée.

Fondateur du journal satirique Le Lynx, puis du titre La Lance, il a su imposer un style éditorial singulier, mêlant critique sociale, humour et analyse politique.

Ces publications se sont rapidement imposées comme des références, notamment pour leur ton libre et leur capacité à interpeller les pouvoirs publics.

La présidente de l’Association guinéenne de la presse indépendante (AGPI), Kadiatou Conté, a pour sa part insisté sur l’impact pédagogique de son travail. Elle a rappelé que la satire, telle que pratiquée par Souleymane Diallo, a contribué à renforcer l’esprit critique des citoyens et à encourager une culture du débat public.

Au-delà de son activité éditoriale, les intervenants ont également évoqué son engagement en faveur de l’organisation professionnelle des journalistes.

Membre fondateur et premier président de l’Association guinéenne des éditeurs de la presse indépendante (AGEPI), il a œuvré pour la structuration du secteur et la défense des droits des professionnels des médias.

Un témoignage particulièrement marquant est venu de Diao Laboya Diallo, directeur de publication du journal Le Lynx.

S’exprimant au nom du groupe de presse, il a décrit un homme profondément attaché à son métier, actif jusqu’à ses derniers jours. Il a notamment souligné son assiduité et son implication constante dans le fonctionnement de la rédaction.

Les intervenants ont également rappelé les nombreuses épreuves traversées par le journaliste au cours de sa carrière, notamment des pressions politiques, des procédures judiciaires et des périodes de détention.

Malgré ces obstacles, indique-t-on, il est resté fidèle à ses convictions, incarnant une certaine idée du journalisme indépendant.

En reconnaissance de son parcours, Souleymane Diallo avait été élevé au rang de Grand Officier de l’Ordre national du Colatier. Une distinction qui témoigne de la reconnaissance officielle de son apport à la nation.

Au terme du symposium, un consensus s’est dégagé autour de la nécessité de préserver et de perpétuer son héritage.

Pour de nombreux acteurs du secteur, l’exemple qu’il laisse constitue une référence pour les générations actuelles et futures de journalistes.

Alpha Binta Diallo 

 

 

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