Sécurité urbaine : le cnt ratifie un prêt de 50 millions de dollars pour le projet « guinea safe city »

Publicité

L e Conseil National de la Transition (CNT) a donné son feu vert, vendredi 13 mars 2026, à un accord de financement important destiné à moderniser la surveillance du territoire guinéen.

Ce projet, baptisé « Guinea Safe City », marque un tournant technologique dans la stratégie de sécurité intérieure du pays.

​Un partenariat stratégique avec la Chine

​Signé initialement le 30 juin 2025 entre l’État guinéen et l’Export-Import Bank of China (Exim Bank), cet accord porte sur un montant de 385 329 021 Renminbi, soit approximativement 50 millions de dollars US.

​Les conditions financières assorties à ce prêt souverain prévoient :

  • ​Un taux d’intérêt de 2 % ;
  • Une période de grâce de 5 ans ;
  • Une durée de remboursement étalée sur 15 ans (soit une maturité totale de 20 ans).

​Un maillage technologique pour huit villes

​Le projet « Guinea Safe City » ne se limite pas à la capitale. Il prévoit une extension de la surveillance numérique à travers plusieurs pôles urbains stratégiques du pays.

L’objectif affiché par le gouvernement est de réduire le banditisme, de réguler le trafic routier et d’optimiser la réactivité des forces de l’ordre face aux troubles sociaux.

​L’architecture technique du programme repose sur quatre piliers fondamentaux, à savoir :

Surveillance visuelle : Installation de 324 sites de vidéosurveillance répartis dans huit agglomérations.

Infrastructures de pilotage : Construction de 8 centres de commandement et de surveillance.

Équipements de terrain : Dotation des unités de sécurité de 900 terminaux portables et 100 terminaux mobiles.

Connectivité : Déploiement de 6 stations de base LTE dédiées, garantissant un réseau de communication crypté et autonome.

​Libertés publiques et défis techniques : les points de vigilance

​Malgré l’approbation du texte, l’examen en commission, porté par l’honorable Andéga Camara, a soulevé des questions structurelles.

Les conseillers nationaux ont insisté sur la nécessité de concilier efficacité sécuritaire et respect de la vie privée.

​Les recommandations du CNT au gouvernement :

​« Il est impératif de préciser le cadre légal de la vidéosurveillance et de garantir la protection des données personnelles des citoyens », a souligné le rapporteur de la Commission du Plan.

​Outre l’aspect juridique, les débats ont porté sur la viabilité technique du projet.

Dans des zones où l’accès à l’électricité demeure instable, le maintien opérationnel des caméras 24h/24 représente un défi logistique de taille.

Le CNT appelle également à une formation accrue des agents et à un transfert de compétences vers les entreprises locales pour assurer la maintenance à long terme des équipements.

​Vers une couverture nationale

​Ce nouveau dispositif vient compléter un premier système de vidéosurveillance déjà opérationnel dans certains secteurs de Conakry.

En intégrant ces nouvelles technologies, la Guinée s’inscrit dans la lignée de plusieurs capitales africaines ayant adopté le concept de « Smart City » pour répondre à la croissance rapide de l’urbanisation et aux enjeux sécuritaires contemporains.

​L’entrée en vigueur de ce projet devrait, selon les autorités, transformer radicalement la gestion de l’espace public et la lutte contre l’impunité dans les zones urbaines les plus sensibles du pays.

Alpha Binta Diallo 

 

Publicité