Interview d’alpha bacar jatropha barry 

La direction de Newsguinee.info, un organe  de presse dynamique et citoyen qui, dans sa démarche de vulgarisation des entreprises qui boostent de manière efficiente la croissance économique de la République de Guinée, a rencontré pour vous  Monsieur Alpha Bacar Jatropha Barry, le directeur général d’une entreprise dynamique évoluant dans le cadre de l’agrobusiness.

Suivez l’entretien :

Bonjour Monsieur Barry, présentez brièvement votre société s’il vous plait

 Oui merci. Je dirige une entreprise Agro Sylvo Pastorale qui s’appelle ‘’ AOUDY’’ dont le siège social est à Conakry.

Notre mission, c’est de cultiver, stocker, transformer et distribuer les produits agricoles guinéens. Nous sommes la première coopérative agro-sylvo-pastorale bios de la Guinée. Dans nos fermes agro-sylvo-pastorales, nous faisons la promotion de plusieurs cultures, avec les mêmes approches : respecter l’environnement et nos travailleurs. Également, nous promouvons l’agriculture intégrée

Que signifie une agriculture intégrée ?

Vous savez l’agriculture est un domaine assez vaste ; alors une agriculture intégrée est une agriculture qui à la fois permet à plusieurs activités ou des composantes de différentes activités du secteur de l’agriculture, puissent être interconnectées et que les déchets qui en résultent soient de telle sorte que ‘’rien ne se perd, rien ne se gagne, mais que tout se transforme’’

Les déchets par exemple pour le végétal peuvent servir de nourriture pour les animaux et les déchets des animaux peuvent servir de fertilisants pour les végétaux ; les déchets des deux peuvent également produire par exemple de l’énergie et tous ces produits peuvent être transformés et distribués sur le marché.

Alors, en terme simplifié, que signifie l’agrobusiness ?

Ce sont toutes les activités génératrices de revenus dans le domaine de l’agriculture autrement dit toutes activités commerciales liées au secteur de l’agriculture.

Depuis quand exercez-vous en Guinée ?

Nous sommes en Guinée depuis 2015 mais la société elle-même a été créée depuis 2012 à Londres

Quelles ont été les difficultés rencontrées pendant la création de votre entreprise en Guinée ?

Je dois peut-être préciser que celle-ci n’est pas notre première aventure entrepreneuriale en Guinée ; nous faisons de l’entreprenariat depuis quelques années déjà. Moi, je suis un ancien du système des nations-unies et après j’ai décidé de me lancer dans le privé. J’ai eu à créer déjà trois (3) autres entreprises avant de mettre en place celle-ci et donc je dois dire que c’était plutôt agréable d’aller vers l’agrobusiness puisqu’il y a assez de potentiels. C’est en effet, un secteur à fort potentiel de croissance donc il y a assez de business rien que dans ce domaine-là en guinée. Ceci, c’est par rapport à la création maintenant coté administratif, comme dans tous les secteurs en Guinée, y a assez de freins liés à l’entreprenariat mais cela ne peut pas nous empêcher d’évoluer, cela ne devrait même pas empêcher les gens d’évoluer. Nous avons très rapidement mis en place notre entreprise

Combien de temps vous a pris la création de votre entreprise ?

Nous avons réussi à mettre en place cette entreprise en seulement une semaine ; mais c’est peut-être parce que nous avons l’expérience d’entreprendre. Dans ce domaine précis (agrobusiness ndlr) nous n’avions pas eu assez de difficultés ; c’est plutôt avec beaucoup de plaisirs que nous nous sommes investis dans ce secteur.

A ce jour, quelles sont les zones du pays que vous couvrez ?

A ce jour, nous évoluons dans la zone de la Moyenne-Guinée notamment à Dalaba, Mamou et Pita. Maintenant, nous sommes en train de nous étendre vers la Basse Côte, nous y avons de grands domaines exploitables notamment à Dubreka, puis à Coba.

L’approche que nous avons de notre entreprise est de cibler des régions, vous savez que la Guinée est bénie de ces régions naturelles et chacune de ces régions dispose des potentialités spécifiques et nous usons justement de ces potentialités pour faire des spéculations et bâtir notre projet. Dans chaque région du pays, nous avons des spéculations ciblées que nous promouvons mais toujours dans l’approche intégrée et bio.

En quoi consiste votre activité, c’est vous-même qui assurez la production ou vous êtes en partenariat avec des producteurs locaux ?

C’est nous-mêmes qui assurons la production et cela, selon nos propres approches afin de maitriser la niche-bio qui est assez spécifique et assez contraignante. Nous prenons en charge tout le processus de la production à la commercialisation, nous sommes sur toute la chaine ; nous produisons, nous transportons, nous entretenons et nous commercialisons.

Vous produisez c’est-à-dire ? quelles sont vos relations avec les producteurs (agriculteurs) ?

Pour ce qui est par exemple de la Moyenne-Guinée, vu que c’est là-bas où l’essentiel de nos activités est concentré actuellement, nous avons une convention avec l’université de Dalaba qui est spécialisée dans les pratiques agricoles. Il est donc tout à fait naturel que des étudiants de cet institut viennent postuler dans notre entreprise et nous, nous les offrons des stages de formation et de perfectionnement. Les meilleurs stagiaires sont recrutés comme des employés permanents et nous encourageons beaucoup parmi eux de créer leur propre business.

Parallèlement, nous avons d’autres producteurs qui sont des voisins. Pour ceux-ci, nous avons pour mission de renforcer leurs capacités et d’élargir notre cercle de business tout en les intégrant dans notre modèle économique. Cela leur permet à la fois d’ouvrir des opportunités de marcher mais aussi d’améliorer la quantité et la qualité de production.

Vous avez combien d’employés, qui aujourd’hui bénéficient de contrats réels avec vous ?

A ce jour, nous comptons sept (7) personnes qui sont permanentes et nous avons parallèlement beaucoup de saisonniers.

Il est de notoriété publique que la guinée est un scandale agricole, alors quelles sont vos perspectives dans ce domaine ?

Aujourd’hui, nous sommes arrivés à développer un label et au-delà de tout ce que nous faisons dans le domaine de l’agriculture, nous avons une autre activité qui s’appelle l’apiculture c’est-à-dire la production du miel. Cette année les premiers produits que nous avons exportés notamment vers Londres, c’est le miel.

Nos perspectives sont différents ordres :

Dans le domaine social et surtout celui corporatif, ce que nous voulons, c’est de mettre en place une plateforme de jeunes cadres qui évoluent dans le domaine de l’agriculture pour constituer une véritable masse critique d’AGRIPRENEURS. Que ces gens-là puissent formuler les bonnes questions et promouvoir une agriculture raisonnée.

C’est quoi une agriculture raisonnée ?

C’est une agriculture qui utilise intelligemment les ressources de la terre, de l’eau, du soleil, etc. pour pouvoir produire tout en respectant les règles environnementales.

Toujours dans ce domaine nous souhaitons améliorer notre implication sociale partout où nous exerçons à l’effet d’être utiles à la communauté et aux riverains.

Dans le domaine commercial, nous allons bientôt mettre en place une miellerie c’est-à-dire une unité de transformation du miel pour l’exportation. Mais ce que nous voulons également, c’est d’installer dans les zones urbaines de la guinée (dans les grandes villes) des boutiques où vous pouvez vous procurer des produits bio c’est-à-dire qui ne sont pas sujets au pesticide ou tout autre élément chimique qui, quand même, peuvent vous garantir une certaine santé.

Aussi, nous voulons naturellement plus produire, mettre plus à la disposition des guinéens et exporter l’excédent vers les autres.

Alors quelles sont vos priorités en matière commerciale ? Votre objectif, c’est l’exportation ou c’est d’abord le marché national ?

Les productions végétales, nous les vendons sur le marché local, nous vendons aujourd’hui des tomates, des maïs, du riz, du piment, … mais l’apiculture c’est-à-dire le miel, nous l’exportons notamment vers le Maroc et l’Angleterre.

Partant du postulat que la République de Guinée est un pays à fort potentiel agricole, quel appel lancez-vous donc à l’endroit de ces millions de guinéens qui liront cet entretien et qui sans doute vous prendront comme modèle ?

Il est vrai que ce n’est pas aussi simple que cela, l’agrobusiness et l’agriculture en général, sont un secteur d’activité assez contraignant. Ce n’est pas ‘’side business’’ c’est-à-dire un business parallèle que quelqu’un pourrait faire pendant qu’il réside en ville ou qu’il se plaise dans un certain confort. C’est une activité à plein temps, c’est une activité commerciale ; il faut avoir une approche pragmatique entrepreneuriale en faisant de l’agriculture leur domaine de prédilection surtout que notre pays dispose de millions d’hectares de surfaces exploitables.

Et ce que je pourrai augmenter, c’est d’inviter plus de jeunes cadres qui ont cette vision et une capacité managériale avérée à rejoindre le monde agricole et à en faire un business pour qu’on puisse non seulement sortir notre pays de la dépendance alimentaire mais également permettre à notre pays d’engranger plus de ressources en exportant à l’effet de résorber notre déficit.

Donc, aux jeunes, aux moins jeunes, bref à tout le monde, il faut investir mais investir intelligemment pour qu’on n’investisse pas dans une agriculture de prestige (pour juste dire que j’ai une plantation ici ou là) mais investir dans une agriculture productive qui emploi des gens, qui respecte l’environnement, qui partage les richesses et qui permet à l’état d’engranger des recettes.

Merci à vous Monsieur Barry

C’est à moi de vous remercier.

CHERINGAN

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