C onakry accueille ce lundi 16 mars 2026 un sommet des chefs d’État de l’Union du Fleuve Mano, regroupant Guinée, Liberia, Sierra Leone et Côte d’Ivoire, pour aborder les récents litiges frontaliers.
La Guinée, qui exerce la présidence tournante de l’organisation, initie cette rencontre diplomatique afin de privilégier le dialogue face aux incidents signalés avec ses voisins.
Contexte des tensions frontalières
Les différends portent principalement sur des incursions présumées en territoire guinéen par des forces sierra-léonaises et libériennes, notamment dans la zone de Yenga avec la Sierra Leone et à Solumba/Lofa avec le Liberia.
Ces incidents, survenus début mars, impliquent des altercations entre militaires guinéens et autorités locales libériennes autour d’un chantier routier frontalier, ainsi que des provocations récurrentes à Yenga, un village stratégique contesté depuis plus de vingt ans.
La CEDEAO a exprimé sa préoccupation le 13 mars et dépêché une mission d’évaluation technique, élargissant son mandat à la frontière Lofa pour évaluer les zones de friction et promouvoir la retenue.
Réponse militaire guinéenne
Le général Ibrahima Sory Bangoura, chef d’état-major des armées guinéennes, a réaffirmé que Conakry ne cédera « aucune portion de terrain ».
Dimanche 15 mars, le président Mamadi Doumbouya a personnellement remis le drapeau national au dernier contingent déployé aux frontières, déclarant : « Aucune portion de la terre laissée par nos ancêtres ne sera conquise par qui que ce soit ». Ces troupes symbolisent l’unité et la résilience face aux défis sécuritaires.
Parallèlement, le major-général Davidson Fayiah Forleh, chef d’état-major libérien, s’est rendu à Conakry pour des échanges avec son homologue guinéen, insistant à son retour sur Monrovia sur la primauté de la voie diplomatique.
Rôle de l’Union du Fleuve Mano
Créée en 1973 par le Liberia et la Sierra Leone, puis rejointe par la Guinée en 1980 et la Côte d’Ivoire en 2008, l’Union vise l’intégration économique, la paix et la coopération dans le bassin du fleuve Mano. Ce sommet, convoqué par le ministre des Affaires étrangères Morissanda Kouyaté, s’inscrit dans cette logique panafricaine pour aplanir les différends autour d’une table, évitant une escalade malgré les provocations signalées.
Perspectives diplomatiques
Les autorités guinéennes jouent sur deux tableaux : fermeté militaire et ouverture au dialogue, comme l’a souligné Morissanda Kouyaté.
Bien que les résultats du sommet ne soient pas encore publics en cette mi-journée, cette initiative régionale pourrait stabiliser la sous-région, fragilisée par ces tensions récurrentes.
Alpha Binta Diallo


