Littérature : la plume de mory mandiana diakité au service de la lutte contre la toxicomanie

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L e Centre Culturel Franco-Guinéen (CCFG) a accueilli, samedi 25 avril 2026, la cérémonie de dédicace du huitième ouvrage de Mory Mandiana Diakité, intitulé Le Discours sur la drogue.

Publié aux éditions L’Harmattan Guinée, ce livre de 57 pages se présente comme un manifeste pédagogique face à l’urgence de la crise des addictions en milieu jeune.

​L’événement, organisé en marge de la 18e édition des « 72 Heures du Livre », a réuni des cadres de l’Institut Itinérant de Formation et de Prévention Intégrées contre la Drogue et autres Conduites Additives (IIPIDCA), des acteurs de la presse et des membres de la société civile.

Une alternative à la répression

Directeur Général Adjoint chargé de la recherche à l’IIPIDCA, Mory Mandiana Diakité s’appuie sur son expertise technique pour proposer une approche moins frontale que la force publique.

Pour l’auteur, si la répression a ses limites, la littérature possède un pouvoir de transformation durable.

« L’ouvrage littéraire peut atteindre des espaces où les forces de sécurité ne peuvent pas. La littérature agit sur la sensibilité humaine et le cerveau ; elle peut modifier positivement le comportement », a-t-il affirmé lors de son intervention.

La couverture de l’ouvrage, illustrant des comprimés, du cannabis et une seringue, souligne la diversité des fléaux abordés, incluant l’automédication.

Le livre combine un discours structuré et un conte pathétique, une méthode mixte destinée à capter l’attention des élèves et des étudiants, cibles prioritaires de ce travail de sensibilisation.

Un « outil de combat » pour la société

​Le préfacier de l’œuvre, le Professeur Youssouf Sidimé, a souligné le caractère « œcuménique et cosmopolite » du phénomène de la drogue, justifiant la nécessité d’une réponse collective.

« C’est un véritable outil de combat. Ce livre interpelle toute la société : gouvernants, parents, éducateurs et forces de l’ordre », a-t-il déclaré, confiant avoir lui-même introduit l’ouvrage dans le cercle familial pour protéger ses propres enfants.

L’ouvrage est conçu comme un support pratique. Contrairement aux discours officiels classiques, il adopte une démarche participative, permettant une lecture en classe ou en dehors, afin de susciter une « conscience active » chez le lecteur.

Un plaidoyer contre l’incivisme et la démission

Malgré la portée citoyenne de son engagement, l’auteur a profité de cette tribune pour déplorer le manque de soutien institutionnel et le désintérêt croissant pour la lecture au profit des nouvelles technologies.

« Les parents préfèrent acheter une tablette à un million plutôt qu’un livre. L’incivisme gagne du terrain », a-t-il regretté, rappelant que ses précédents travaux n’avaient bénéficié d’aucune subvention.

Toutefois, Mory Mandiana Diakité refuse de céder au fatalisme. En appelant à une « remise en cause » nationale, il exhorte les Guinéens à protéger leur jeunesse pour assurer l’avenir de la nation.

« Ce que nos parents n’ont pas accepté pour nous, nous ne devons pas l’accepter pour nos enfants », a-t-il conclu.

Disponible au prix de 10 €, soit 110 000 francs guinéens, Le Discours sur la drogue s’impose désormais comme une référence documentaire et pédagogique pour tous les acteurs de la prévention en Guinée.

Alpha Binta Diallo 

 

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