Libye : climat de peur pour les migrants subsahariens face à une montée des tensions

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P lusieurs migrants guinéens ont récemment signalé une détérioration marquée de leurs conditions de sécurité en Libye.

À Tripoli, un jeune homme de 24 ans affirme vivre caché, évoquant une « chasse aux Noirs ». À Zaouïa, une mère de famille décrit un quotidien dominé par la peur, entre risques d’agressions, enlèvements et interventions policières jusque dans les habitations.

Tensions amplifiées dans l’espace public

Ces témoignages interviennent dans un contexte de manifestations où des amalgames ont été observés entre migrants en situation irrégulière et réfugiés disposant d’un statut administratif, notamment des Soudanais ayant fui le conflit dans leur pays. Cette confusion alimente les tensions au sein de la population locale.

Désinformation et discours de haine

La propagation de fausses informations sur les réseaux sociaux a contribué à exacerber la situation. La Mission d’appui des Nations unies en Libye (MANUL) a dénoncé la diffusion de contenus trompeurs et de discours incitant à la violence, démentant toute implication dans des programmes de réinstallation de migrants dans le pays.

Un contexte migratoire sous pression

D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), près de 900 000 migrants et réfugiés étaient présents en Libye à la mi-2024.

Les organisations humanitaires constatent une intensification récente des propos hostiles, avec des appels explicites à la violence circulant en ligne.

Un sentiment d’abandon

Face à cette situation, les migrants concernés expriment une profonde inquiétude et un sentiment d’injustice.

Plusieurs affirment être pris pour cibles sans être impliqués dans des activités criminelles, dénonçant une stigmatisation croissante dans un environnement déjà instable.

Fatoumata Camara

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