L a diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant une adolescente violemment agressée par plusieurs jeunes continue de provoquer une vive émotion en Guinée..
Les images, largement relayées depuis le vendredi 24 juillet, montrent une jeune fille rouée de coups par un groupe de six jeunes dans la préfecture de Beyla, suscitant de nombreuses réactions au sein de l’opinion publique.
Selon les déclarations de Kémoko Camara, père de la victime, recueillies par plusieurs médias, les faits ne sont toutefois pas récents.
L’agression remonterait à plus d’une année. Sa fille, Fatima Camara, alors âgée de 13 ans, aurait été attaquée alors qu’elle se trouvait seule.
D’après le père de famille, une plainte avait été déposée auprès de la gendarmerie après l’hospitalisation de l’adolescente. Une enquête avait été ouverte, conduisant à l’interpellation de plusieurs suspects.
Cependant, il affirme que les recherches ont été longues et que les personnes mises en cause n’ont passé que quelques jours en détention avant d’être remises en liberté.
Toujours selon son témoignage, l’un des suspects aurait expliqué lors de son audition que la victime avait été choisie parce qu’elle se déplaçait seule.
Le père soutient également que sa fille a été déshabillée et frappée à plusieurs reprises durant l’agression, des scènes visibles dans les vidéos actuellement partagées sur les plateformes numériques.
Face à la viralité des images, Kémoko Camara appelle les autorités judiciaires à reprendre le dossier. Il demande que les responsabilités soient établies, que les auteurs répondent de leurs actes devant la justice et que les vidéos soient retirées des réseaux sociaux afin de préserver la dignité de sa fille.
Il sollicite également des mesures de protection, estimant que la sécurité de l’adolescente demeure menacée.
Cette affaire intervient dans un contexte où plusieurs vidéos de violences impliquant des mineurs ont récemment suscité de vives réactions en Guinée.
Les autorités judiciaires ont, dans d’autres dossiers similaires, rappelé leur engagement à poursuivre les auteurs d’actes de violence et appelé les citoyens à faire preuve de responsabilité dans le partage de contenus sensibles sur les réseaux sociaux.
En attendant une éventuelle reprise de la procédure, cette affaire ravive le débat sur la protection des enfants, la lutte contre les violences faites aux mineurs et le respect de leur vie privée, alors que de nombreuses voix réclament une réponse judiciaire à la hauteur de l’émotion suscitée par ces images.
Alpha Binta Diallo


