L e football guinéen traverse une période troublée après les incidents survenus lors du derby du 22 février dernier, opposant le Hafia FC à l’AS Kaloum.
Ce match, marqué par des débordements, a plongé l’Association Sportive de Kaloum (ASK) dans un bras de fer avec la Ligue Guinéenne de Football Professionnel (LGFP) suite à des sanctions financières considérées comme ’’ injustes et procéduralement irrégulières’’.
Un verdict financier lourd et sans appel
A la suite des événements survenus au stade Petit Sory de Nongo, où le Hafia FC a triomphé 2-0, la Ligue a infligé une amende conséquente à l’AS Kaloum.
Le montant total de 194 millions de GNF se décompose comme suit :
- 178 millions de GNF pour les dommages matériels causés aux infrastructures du stade.
- 16 millions de GNF d’amende disciplinaire pour les perturbations liées à l’incident.
Le club est sommé de régler cette somme sous huit jours, sous peine de se voir exclure du championnat pour la saison 2025-2026.
L’absence de ’’procédure contradictoire ’’ au cœur du conflit
L’AS Kaloum ne conteste pas la nécessité de réparer les dommages, mais dénonce vivement la manière dont la sanction a été imposée.
Dans un courrier adressé au ministère de la Jeunesse et des Sports, le club fait valoir qu’aucune procédure contradictoire n’a été respectée.
En effet, bien que le ministère et la Fédération Guinéenne de Football (FGF) aient promis, le 23 février, d’ouvrir une enquête conjointe, l’ASK affirme que ni une investigation sérieuse sur le terrain ni une audition de ses représentants n’ont eu lieu avant la décision de la Ligue.
« Aucune enquête contradictoire n’a été diligentée », a regretté la direction de l’ASK, qui qualifie la décision de la Ligue de ’’unilatérale et précipitée’’.
Les exigences du club pour une sortie de crise
L’AS Kaloum, tout en reconnaissant l’importance d’une réparation des préjudices, demande que l’évaluation des dégâts soit faite par des experts indépendants.
Le club a formulé plusieurs demandes pour résoudre ce conflit :
- La suspension immédiate de l’exécution du paiement de l’amende liée aux dommages matériels.
- L’ouverture d’une enquête impartiale pour identifier les responsables des incidents.
- Une médiation institutionnelle pour apaiser les tensions entre le club et les instances sportives.
- Une clarification des protocoles de sécurité pour les matchs à haut risque, afin de garantir la sécurité des joueurs et des spectateurs.
Vers une réforme de la gestion des stades ?
Cette crise met également en lumière les faiblesses des infrastructures et les lacunes en matière de sécurité dans le football guinéen.
Le stade Petit Sory, propriété du président du Hafia FC, Kerfalla Person Camara (KPC), a été au cœur de plusieurs tensions au fil des années, notamment lors des derbys.
La question de la responsabilité partagée entre les clubs, la Ligue et les gestionnaires des stades devient ainsi de plus en plus cruciale.
A l’approche de l’échéance fixée pour le paiement de l’amende, le ministère de la Jeunesse et des Sports se retrouve dans une position délicate.
Sa décision pourrait déterminer si la crise se résorbe par une solution amiable ou si elle s’enlise dans un conflit juridique prolongé, avec des répercussions pour le football guinéen dans son ensemble.
Fatoumata Camara


