Minéraux critiques : la guinée renforce son positionnement stratégique auprès des états-unis

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L a Guinée a franchi une nouvelle étape dans sa diplomatie minière, en signant un protocole d’accord avec les États-Unis, en marge du sommet interministériel sur les minéraux critiques, tenu le 4 février 2026, à Washington.

Cette rencontre de haut niveau, présidée par le secrétaire d’État américain Marco Rubio, a réuni plus de cinquante pays autour des enjeux liés à la sécurisation et à la diversification des chaînes d’approvisionnement mondiales en ressources stratégiques.

A travers cet accord, Conakry intègre le cercle restreint des partenaires africains de Washington dans le domaine des minéraux critiques, devenant ainsi le troisième pays du continent à conclure un tel partenariat avec les États-Unis.

L’initiative s’inscrit dans la stratégie américaine visant à réduire sa dépendance vis-à-vis de la Chine, qui concentre environ 60 % de l’extraction mondiale et près de 90 % du raffinage de minéraux critiques tels que le cobalt, le lithium et les terres rares.

Le sommet a mis en exergue les liens étroits entre minéraux critiques, sécurité nationale, innovation technologique et transition énergétique.

Plusieurs pays africains producteurs, dont la République démocratique du Congo, le Kenya et la Guinée, ont été associés aux discussions. Marco Rubio a qualifié cette réunion d’« historique », soulignant les engagements bilatéraux pris pour bâtir des chaînes d’approvisionnement plus résilientes et sécurisées.

Une délégation guinéenne de haut niveau

La Guinée était représentée par une délégation conduite par le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, accompagné du conseiller présidentiel Ousmane Doumbouya.

En marge des travaux, le chef de la mission guinéenne a été reçu par le secrétaire d’État américain, une rencontre qui a permis de réaffirmer la volonté commune de renforcer la coopération bilatérale dans le secteur minier.

Deuxième producteur mondial de bauxite, avec près de 180 millions de tonnes exportées chaque année, la Guinée suscite un intérêt croissant au-delà de ce minerai stratégique.

Le pays dispose également d’un potentiel en terres rares associées aux gisements de bauxite, des ressources essentielles à la fabrication d’aimants pour les véhicules électriques, les énergies renouvelables et certaines technologies de défense.

Des objectifs économiques et stratégiques convergents

Selon les parties, l’accord vise à promouvoir une croissance économique mutuellement bénéfique, à stimuler l’innovation technologique et à contribuer au renforcement de la sécurité nationale à travers des chaînes d’approvisionnement fiables en minéraux critiques. Washington a salué l’engagement de Conakry à partager ces objectifs et à s’inscrire dans une dynamique de coopération durable.

Pour la Guinée, ce partenariat s’aligne avec la stratégie nationale de transformation locale des ressources minières, notamment la valorisation de la bauxite en alumine et l’extraction de sous-produits à haute valeur ajoutée.

Les autorités guinéennes ont engagé une révision des conventions minières afin d’optimiser les retombées économiques du secteur et de maximiser les recettes publiques.

Dans un contexte international marqué par la domination de Pékin sur les chaînes de valeur des minéraux critiques, Conakry affiche ainsi sa volonté de diversifier ses partenariats stratégiques.

L’accord conclu à Washington apparaît, à cet égard, comme un signal fort du repositionnement de la Guinée sur l’échiquier minier mondial.

Bangaly Condé 

 

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