Lbes seize membres des forces de sécurité sierra-léonaises détenus en Guinée depuis l’incident frontalier du 23 février 2025 ont été remis aux autorités de Freetown, mettant fin à plusieurs jours de tensions diplomatiques entre les deux pays voisins.
La libération est intervenue à l’issue d’une mission conduite à Conakry par le ministre sierra-léonais des Affaires étrangères, Alhaji Timothy Kabba, accueilli par son homologue guinéen, Morissanda Kouyaté.
Une remise officielle après médiation diplomatique
Dans un communiqué publié à Freetown, le ministère sierra-léonais de l’Information et de l’Éducation civique a indiqué que les militaires des Republic of Sierra Leone Armed Forces (RSLAF) et les policiers de l’Operational Support Division (OSD) ont été récupérés « sains et saufs » par la délégation officielle.
La mission diplomatique visait à obtenir leur libération et à désamorcer l’escalade née de l’incident.
Côté guinéen, l’État-major général des armées avait annoncé l’interpellation de seize éléments sierra-léonais, transférés à la police judiciaire avec leur équipement. L’armée guinéenne avait alors salué le « professionnalisme » de ses troupes, affirmant avoir agi pour préserver l’intégrité du territoire national.
Versions divergentes sur les faits
L’incident à l’origine de la crise s’est produit dans la zone de Kalieyereh, dans le district de Falaba, à la frontière entre la Sierra Leone et la Guinée.
Selon Freetown, les militaires et policiers procédaient à la construction d’un poste frontière sur le territoire sierra-léonais lorsque des soldats guinéens auraient franchi la ligne de démarcation pour les interpeller.
Conakry soutient pour sa part que des éléments sierra-léonais armés ont pénétré d’environ 1,4 kilomètre à l’intérieur du territoire guinéen, dans la zone de Koudaya, où ils auraient installé une tente et hissé leur drapeau sans autorisation. L’armée guinéenne évoque une « violation caractérisée » des frontières.
Un contentieux frontalier ancien
Cet épisode ravive un différend frontalier ancien entre les deux pays, notamment autour de la localité de Yenga, régulièrement au centre de tensions.
Des missions d’évaluation conduites par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union du fleuve Mano tentent depuis plusieurs années de clarifier la démarcation afin de prévenir de nouveaux incidents.
Les autorités sierra-léonaises soulignent l’impact de ces tensions sur les populations frontalières, tandis que la Guinée insiste sur la nécessité de maintenir la vigilance face à toute incursion perçue comme une atteinte à sa souveraineté. La remise des seize agents apparaît comme un geste d’apaisement.
Les deux capitales sont désormais attendues sur la relance des discussions techniques et diplomatiques en vue d’un règlement durable des différends le long d’une frontière historiquement sensible.
Bangaly Condé


