D epuis le 27 juillet 2026, de nombreux utilisateurs d’Internet en Guinée signalent des difficultés d’accès à plusieurs réseaux sociaux, notamment Facebook et YouTube. Sur différents réseaux, les plateformes sont difficilement accessibles, voire totalement indisponibles pour certains internautes, poussant plusieurs d’entre eux à recourir à des réseaux privés virtuels (VPN) afin de contourner les perturbations et d’accéder à leurs comptes.
Cette situation a suscité de nombreuses interrogations sur une éventuelle restriction de l’accès à ces plateformes.
Invité de l’émission Guinée Today diffusée sur Télé 24, le ministre des Transports et porte-parole du gouvernement, Ousmane Gaoual Diallo, a indiqué ne pas avoir connaissance d’une mesure gouvernementale imposant un blocage des réseaux sociaux.
« Je ne suis pas connecté avec un VPN, je n’ai pas ressenti ça », a-t-il déclaré, avant de préciser qu’il n’avait ‘’pas connaissance d’une mesure d’exception introduisant une restriction obligatoire de ces réseaux’’.
Le porte-parole du gouvernement a toutefois estimé que l’environnement numérique guinéen nécessitait une meilleure régulation.
Selon lui, les dérives observées sur les réseaux sociaux justifient l’ouverture d’une réflexion sur leur encadrement.
Poursuivant, il a rappelé avoir défendu cette orientation lorsqu’il était en charge du secteur des Télécommunications, tout en reconnaissant que cette position avait, à l’époque, suscité de vives réactions.
A ses yeux, plusieurs pays ont depuis adopté des mesures similaires pour encadrer l’usage des plateformes numériques, citant notamment certaines restrictions visant les mineurs en Europe ainsi que les spécificités du fonctionnement de TikTok en Chine.
Pour Ousmane Gaoual Diallo, ces initiatives ne doivent pas être interprétées comme une remise en cause de la liberté d’expression ou de la liberté de la presse, mais plutôt comme une réponse aux « dérives » constatées sur les réseaux sociaux.
Au-delà de la question de la régulation, le ministre a également avancé une explication d’ordre technique aux perturbations actuellement observées.
Selon lui, la demande en données Internet connaît une progression très rapide en Guinée, portée par l’élargissement de la couverture numérique et l’augmentation du nombre d’utilisateurs.
« Nous sommes dans un pays où la croissance des besoins en données Internet est exponentielle (…) et je ne suis pas sûr que les investissements nécessaires aient suivi la même trajectoire », a-t-il affirmé, suggérant que les infrastructures de télécommunications pourraient ne pas évoluer au même rythme que les usages.
Les opérateurs de télécommunications présents sur le marché guinéen n’avaient pas, jusqu’à présent, communiqué officiellement sur l’origine des perturbations signalées par les abonnés.
De leur côté, les autorités compétentes n’ont pas annoncé de mesure officielle limitant l’accès aux plateformes concernées.
Ces difficultés interviennent dans un contexte où plusieurs organisations de défense des droits numériques rappellent régulièrement que toute restriction de l’accès à Internet ou aux réseaux sociaux devrait être fondée sur une base légale, être transparente et répondre aux principes de nécessité et de proportionnalité.
En l’absence d’annonce officielle confirmant une limitation volontaire des services, les causes exactes des perturbations observées restent, à ce stade, indéterminées.
Alpha Binta Diallo


