Mangroves de conakry: le procureur spécial de la crief lance une offensive contre les remblais illégaux

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D ans le cadre de la lutte contre l’occupation des zones de mangrove, le Procureur spécial près la Cour de Répression des Infractions Economiques et Financières (CRIEF), Alphonse Charles Wright, a effectué, lundi 27 juillet 2026, une mission de constatation dans les secteurs de Yimbaya Faban et de Gbessia Faban, où des opérations de remblayage et des constructions sont en cours dans des espaces considérés comme écologiquement sensibles.

Accompagné de l’inspecteur général du ministère de l’Urbanisme, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Mohamed Doussou Traoré, ainsi que d’agents des services spécialisés et d’officiers de police judiciaire, le magistrat s’est rendu sur plusieurs sites afin d’évaluer l’ampleur des travaux réalisés dans cette partie du littoral de Conakry.

A la plage de Bénarès, la délégation a constaté des opérations de remblayage destinées à l’aménagement de nouvelles parcelles.

Sur place, un opérateur a indiqué disposer d’un marché portant sur une superficie de 44 hectares, destiné à un projet immobilier comprenant notamment la réalisation de logements et des travaux d’extension de la plage.

La mission s’est ensuite poursuivie à Yimbaya Faban, où des habitations sont en cours d’édification au cœur de la mangrove.

Selon des responsables techniques du ministère de l’Urbanisme présents sur les lieux, ces constructions ne reposeraient sur aucune autorisation délivrée par leurs services, les zones concernées étant classées parmi les espaces à protéger.

Au cours des échanges avec les riverains, plusieurs témoignages ont évoqué le nom d’un individu surnommé « Nidal », présenté comme un certain Dioubaté, qui serait impliqué dans la vente de parcelles aménagées dans cette zone.

Les tentatives entreprises par la délégation pour entrer en contact avec l’intéressé sont restées sans résultat.

Le chef de quartier a, pour sa part, affirmé avoir déjà signalé à plusieurs reprises la progression des occupations aux autorités communales, sans qu’aucune mesure ne soit prise pour enrayer le phénomène.

Les différents intervenants rencontrés sur le terrain ont, tour à tour, renvoyé la responsabilité vers d’autres administrations.

A l’issue de cette visite, le procureur spécial a annoncé qu’une réquisition serait prise afin d’ordonner l’arrêt immédiat des travaux en cours dans les zones concernées.

Cette mesure vise à préserver les mangroves, écosystèmes essentiels à la protection du littoral contre l’érosion, à la régulation des écosystèmes côtiers et à la conservation de nombreuses espèces végétales et animales.

Ces dernières années, plusieurs organisations environnementales et spécialistes de l’aménagement du territoire ont alerté sur la disparition progressive des mangroves autour de Conakry, sous l’effet de l’urbanisation, des remblais et de l’exploitation anarchique du foncier.

Ces milieux naturels jouent un rôle déterminant dans la lutte contre les inondations, la protection de la biodiversité et l’adaptation aux effets du changement climatique.

La visite du procureur spécial s’inscrit dans un contexte de renforcement des actions des autorités contre les atteintes au domaine public et à l’environnement.

Les suites judiciaires de cette opération devraient permettre d’établir les responsabilités des personnes impliquées dans l’occupation et l’aménagement de ces espaces protégés.

Bangaly Condé

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