Guinée : la crief envisage de nouvelles auditions dans le dossier du centre jean paul ii

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L e procès de l’ancien directeur général du Centre national de formation sociale Jean Paul II, Soriba Soumah, a connu un nouveau développement ce lundi 4 mai 2026 devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), où le ministère public a annoncé de possibles élargissements des débats.

A l’audience, le Procureur spécial Alphonse Charles Wright a indiqué son intention de solliciter la comparution de plusieurs personnalités citées dans le dossier, dont l’ancienne ministre de la Promotion féminine, de l’Enfance et des Personnes vulnérables, Charlotte Daffé.

Cette démarche vise, selon l’accusation, à éclairer davantage les responsabilités dans cette affaire de présumé détournement de fonds publics.

Des accusations multiples contestées

Poursuivi pour « détournement de deniers publics, corruption d’agents publics, faux et usage de faux en écriture publique, enrichissement illicite et complicité », Soriba Soumah a comparu devant la chambre de jugement.

L’ancien administrateur civil a rejeté en bloc les accusations, soutenant que sa gestion s’inscrivait dans un cadre contractuel validé par les autorités financières de l’époque.

Au cœur du dossier figure une subvention spéciale de 12,4 milliards de francs guinéens destinée à l’équipement et à l’approvisionnement en médicaments du centre.

Le prévenu affirme que seulement 30 % de cette enveloppe ont été effectivement décaissés pour des opérations liées à un fournisseur, tandis que le reliquat serait resté logé dans les comptes du Trésor public.

Il a par ailleurs assuré que les équipements commandés sont attendus entre le 9 mai et le 4 juin 2026, invoquant des délais logistiques comme explication aux retards constatés.

Gestion des fonds et éléments de défense

À la barre, Soriba Soumah a également évoqué l’utilisation d’une partie des subventions pour couvrir les charges de fonctionnement de l’établissement, notamment les salaires et primes du personnel.

Il a défendu son bilan à la tête du centre, citant des travaux de rénovation, l’équipement de blocs opératoires et l’amélioration des conditions de travail.

Concernant l’origine de ses démêlés judiciaires, il a fait remonter les faits à une sanction administrative prise en novembre 2025 par l’ex-ministre Charlotte Daffé pour un présumé manque de transparence dans la gestion du dossier.

Un ex-comptable mis en cause

L’ancien directeur a également pointé la responsabilité d’un ex-comptable du centre, Mohamed Sangaré, actuellement en fuite. Il l’accuse d’avoir procédé à des retraits frauduleux en falsifiant sa signature, pour des montants cumulés dépassant les deux milliards de francs guinéens.

Selon sa version, ces opérations bancaires irrégulières seraient à l’origine des soupçons ayant conduit à l’ouverture de la procédure judiciaire.

Vers un élargissement des débats

Face aux éléments exposés, le parquet estime nécessaire d’entendre d’autres acteurs clés, notamment d’anciens responsables de l’administration financière, dont une ex-directrice du Trésor.

Cette orientation pourrait marquer une nouvelle phase dans le procès, avec des auditions susceptibles de préciser les circuits de décision et de décaissement des fonds publics.

La CRIEF, juridiction spécialisée créée pour lutter contre la délinquance économique et financière en Guinée, poursuit ainsi l’examen de cette affaire emblématique dans un contexte de renforcement des poursuites contre la corruption et la mauvaise gestion des ressources publiques.

L’audience a été renvoyée à une date ultérieure pour la suite des débats.

Alpha Binta Diallo 

 

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