Procès du 28 septembre : le témoignage accablant de mamady soumaoro fragilise la défense du colonel bienvenu lamah

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A près une suspension de plusieurs semaines, les audiences criminelles concernant l’implication présumée du Colonel Bienvenu Lamah dans les événements du 28 septembre 2009 ont repris ce lundi 4 mai 2026.

Devant le Tribunal de première instance de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel, la phase des témoignages a débuté par une déposition particulièrement éprouvante.

Un témoin clé à la barre

Le premier témoin cité par le parquet, Mamady Soumaoro, dont les déclarations antérieures sont à l’origine de la mise en accusation de l’officier, a maintenu ses griefs avec fermeté.

Son récit s’est concentré sur la gestion du centre d’instruction de Kaleyah, point névralgique de l’enquête, où des recrues auraient été préparées pour les opérations répressives de 2009.

Monsieur Soumaoro a affirmé avoir été détenu à Kaleyah sous l’autorité directe du Colonel Lamah, avant d’être transféré au camp Alpha Yaya Diallo.

Il a longuement décrit des actes de torture subis dans la sinistre prison des « 32 escaliers ».

Des allégations de pratiques rituelles et d’exactions

L’audience a pris une tournure dramatique lorsque le témoin a confronté l’accusé sur la véracité de ses précédentes déclarations.

Mamady Soumaoro a dénoncé un climat de terreur et des pratiques extrêmes au sein du centre d’instruction.

Le « sacrifice » du camp

Le témoin a rapporté le décès d’une recrue de la compagnie « Titanic », dont les organes auraient été prélevés durant la nuit avant une inhumation précipitée.

Contradiction de l’alibi

Alors que la défense du Colonel Lamah repose en partie sur son emploi du temps, le témoin a soutenu que l’officier s’était absenté de Kaleyah le jour du massacre, pour n’y revenir que 48 heures plus tard.

Mouvements suspects

Selon la déposition, le colonel serait revenu au camp à bord d’un convoi transportant des blessés, suggérant un lien direct avec les violences perpétrées au stade de Conakry.

« Tout ce que Bienvenu Lamah a dit ici n’est pas la vérité. […] Bienvenu Lamah, après deux semaines de formation, a commencé lui-même à sacrifier un être humain là-bas », a martelé le témoin à la barre.

Enjeux judiciaires

Pour le parquet, ce témoignage est crucial pour établir la chaîne de commandement et la responsabilité du Colonel Lamah dans la formation et l’utilisation des recrues de Kaleyah.

Pour la défense, l’objectif sera désormais de discréditer la fiabilité de ces accusations en pointant d’éventuelles incohérences chronologiques.

Le procès, qui s’inscrit dans le volet complémentaire du dossier historique du 28 septembre, se poursuit avec le contre-interrogatoire du témoin par les avocats de la défense et les parties civiles.

L’opinion publique reste suspendue aux prochaines dépositions, qui devraient faire la lumière sur les zones d’ombre persistant autour de ce camp d’entraînement militaire.

Alpha Binta Diallo 

 

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