Grève générale dans l’éducation dès lundi : les syndicats se divisent

Publicité

L es négociations engagées entre le gouvernement et l’intersyndicale de l’éducation se sont soldées par un échec, dans la nuit du jeudi 27 au vendredi 28 novembre 2025, au ministère de la Fonction publique à Kaloum.

Après plus de treize heures de discussions, ponctuées de longues interruptions, l’intersyndicale a annoncé le déclenchement d’une grève générale et illimitée à compter du lundi 1er décembre 2025 sur toute l’étendue du territoire national.

Un marathon de négociations sans compromis

Démarrés à 11h28 (plus tard que prévu), les échanges ont été marqués par six pauses successives, dont certaines de plus de deux heures.

Selon le porte-parole, Aboubacar Diesto Camara, ces interruptions répétées, combinées à « une attitude peu conciliante » de la partie gouvernementale à partir de 22h, ont contribué à la rupture des discussions.

Il a également signalé le retrait du SNAESURS, intervenu après des désaccords portant sur leur invitation formelle et l’intégration de certaines revendications dans le statut particulier du personnel de l’éducation. Ce départ n’a suscité, selon lui, aucune réaction de la part de la délégation gouvernementale.

Des propositions jugées insuffisantes

Au cours des discussions, le gouvernement a d’abord proposé une augmentation de 5 % sur les primes des enseignants, soit environ 70 000 francs guinéens. Une offre ensuite portée à 10 %, représentant près de 193 000 francs. L’intersyndicale a rejeté ces propositions, estimant qu’elles ne répondaient pas aux attentes exprimées depuis le dépôt du mémorandum du 1er septembre 2025.

Elle a dénoncé ce qu’elle qualifie de « manœuvres dilatoires », notamment la demande de reporter les négociations au lundi suivant, en attendant la présence d’autres membres du gouvernement.

Sur la base des décisions prises en Assemblées générales les 1er et 27 novembre, elle a donc maintenu l’option de la grève.

L’intersyndicale se dit ouverte au dialogue

Malgré la décision de cesser le travail, l’intersyndicale affirme rester disponible pour reprendre les discussions.

« On peut négocier même pendant la grève », a déclaré Aboubacar Diesto Camara, précisant que la poursuite du dialogue dépendra de la « bonne foi » du gouvernement.

Cette grève générale fait planer une incertitude importante sur le fonctionnement des écoles dès le 1er décembre, en attendant une possible reprise des négociations.

Le SLECG rejette l’avis de grève et opte pour la négociation

Contrairement à la FSPE et à la SNE, le Syndicat Libre des Enseignants-Chercheurs de Guinée (SLECG) a annoncé qu’il ne se joindra pas au mouvement de grève.

Le bureau dirigé par Aboubacar Soumah et Kadiatou Bah affirme avoir été exclu du processus de rédaction de l’avis de grève, ce qui explique l’absence de son logo sur le document.

Le SLECG estime que cette démarche constitue une tentative de marginalisation de sa structure.

« Nous ne signerons jamais un document qui ne comporte pas notre logo », a réagi le syndicat, dénonçant une initiative qu’il qualifie de « manœuvre » visant à affaiblir sa visibilité auprès des enseignants.

Une stratégie axée sur l’obtention d’un décret présidentiel

Plutôt que de rejoindre le mouvement, le SLECG annonce une rencontre avec le gouvernement le lundi 1er décembre à 14h, pour défendre une augmentation ou une bonification des primes liées à la fonction enseignante ( prime de craie, logement, transport, préparation, documentation, prime de fonction et prime de zone).

Le syndicat insiste sur la nécessité d’obtenir un décret présidentiel permettant l’application immédiate de ces revalorisations, en attendant la finalisation des discussions portant sur le statut particulier du personnel de l’éducation.

Le SLECG rappelle que le secteur de l’enseignement supérieur bénéficie déjà d’un dispositif similaire, devant entrer en vigueur fin janvier 2026.

Se montrant optimiste, le syndicat dit maintenir son engagement en faveur de l’amélioration des conditions de travail et du statut particulier, tout en privilégiant la voie de la négociation.

Un secteur éducatif divisé à l’approche du 1er décembre

A quelques jours de la date annoncée pour la grève générale, le paysage syndical apparaît fragmenté entre une intersyndicale mobilisée pour un mouvement illimité et un SLECG qui privilégie la concertation directe avec le gouvernement.

Cette division laisse présager un climat social tendu dans les établissements scolaires du pays, où la portée réelle du mot d’ordre dépendra de l’adhésion effective des enseignants sur le terrain.

A suivre !

Alpha Ibn Boubacar Diallo pour www.guineeactuelle.com 

 

Publicité