Enseignants contractuels : la grève menace la rentrée

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R éunis, samedi 1er août à la Bourse du Travail à Conakry, les enseignants contractuels communaux non retenus au processus d’intégration à la fonction publique ont une nouvelle fois exprimé leurs inquiétudes face au retard dans la finalisation de leur dossier.

À travers leur collectif, ils demandent aux autorités d’accélérer la signature de leur arrêté d’engagement avant la prochaine rentrée scolaire, estimant que cette étape est indispensable pour éviter une nouvelle crise dans le secteur éducatif.

Au cours de cette rencontre, les représentants du collectif ont insisté sur la nécessité de corriger les irrégularités constatées dans les listes des bénéficiaires. Ils réclament une validation définitive des dossiers sans exclusion, omission, substitution ou retard, afin que l’ensemble des enseignants concernés soit pris en compte.

Le coordinateur du Collectif des enseignants contractuels communaux non retenus de Guinée, Diaka Sow, a indiqué que les enseignants concernés, présents dans les écoles à travers tout le pays, y compris dans les zones rurales, attendent une issue favorable durant les vacances scolaires.

À défaut, a-t-il prévenu, ils envisagent de solliciter l’accompagnement de l’Intersyndicale de l’éducation pour engager un mouvement de grève dès la rentrée.

Selon lui, les enseignants ayant satisfait au concours spécifique à pratiques de classe souhaitent désormais voir leur engagement officialisé. Il a également lancé un appel au président de la transition, le général Mamadi Doumbouya, afin qu’une solution soit trouvée dans les meilleurs délais.

Présent à cette rencontre, le responsable de la communication du Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), Mohamed Bangoura, a tenté de rassurer les enseignants sur l’évolution du dossier. Il a expliqué que le retard observé ne traduit pas une remise en cause de leur intégration, mais résulte du travail de vérification engagé pour s’assurer qu’aucun enseignant éligible ne soit omis.

Selon lui, les partenaires impliqués dans les négociations ont privilégié un contrôle approfondi des listes sur l’ensemble du territoire national afin d’éviter toute contestation après leur publication. Il a affirmé que les opérations de vérification sont pratiquement achevées et que l’objectif demeure de garantir un traitement équitable de tous les dossiers.

De son côté, Michel Pépé Balamou, représentant du Syndicat national de l’éducation (SNE), a replacé cette revendication dans le contexte plus large des difficultés que connaît l’école guinéenne. Il a rappelé que le système éducatif fait face à un important déficit d’enseignants dans les établissements publics, estimé à plusieurs milliers de postes.

Pour le responsable syndical, il serait difficile d’assurer une rentrée scolaire normale sans l’engagement des enseignants contractuels concernés. Il a soutenu que l’État devrait prendre les dispositions nécessaires afin que chaque établissement dispose d’un nombre suffisant d’enseignants avant l’ouverture des classes, condition qu’il juge essentielle pour garantir la continuité des enseignements et améliorer les performances du système éducatif.

Cette nouvelle mobilisation intervient alors que les enseignants contractuels attendent depuis plusieurs mois l’aboutissement du processus d’intégration engagé à la suite du concours spécifique organisé par les autorités.

En l’absence d’une décision avant la rentrée scolaire, le collectif maintient la pression et n’exclut pas le recours à un mouvement de grève avec le soutien des organisations syndicales du secteur.

Bangaly Condé

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