L ’ancien directeur général de l’Office guinéen de publicité (OGP), Mandian Sidibé, a comparu ce vendredi 30 octobre 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Poursuivi pour plusieurs infractions financières, il rejette les accusations de détournement de deniers publics, d’abus de confiance et de corruption.
À la barre, Mandian Sidibé a particulièrement contesté les 78 milliards de francs guinéens évoqués dans le dossier. Il a également présenté les résultats financiers de sa gestion et dénoncé certaines pratiques au sein de l’OGP.
Limogé le 14 décembre 2025, l’ancien directeur général a d’abord évoqué les difficultés d’accès aux documents administratifs de l’établissement.
Selon lui, il n’a plus accès à son bureau depuis son départ. Il affirme également que des dossiers et le serveur informatique de l’OGP ont été déplacés après son limogeage.
« Nous avons ainsi perdu la quasi-totalité de nos archives », a-t-il déclaré devant les juges.
Pour défendre sa gestion, Mandian Sidibé a présenté les recettes qu’il attribue à son passage à la tête de l’OGP, entre 2022 et 2024.
Il a fait état de 38 milliards de francs guinéens en 2022, 33 milliards en 2023 et 35 milliards en 2024. Selon ses chiffres, les recettes cumulées atteignent 108 milliards de francs guinéens.
Il a également indiqué que l’établissement avait consacré 5 milliards de francs guinéens au paiement des salaires durant cette période. Il a, par ailleurs, évoqué 2 milliards de francs guinéens de primes perçues par les membres du conseil d’administration.
Mandian Sidibé revient sur les primes de l’OGP
L’ancien directeur général affirme avoir refusé certaines primes dès sa prise de fonction. Il explique avoir reçu 100 millions de francs guinéens auprès de la direction administrative et financière. Il dit avoir ensuite demandé des explications sur cette somme.
« J’ai intégralement remboursé les 100 millions de francs guinéens et, depuis lors, nous avons cessé de percevoir ce fonds de caisse », a-t-il soutenu.
Il précise toutefois que le président du conseil d’administration n’aurait pas mis fin à cette pratique. Selon lui, celui-ci aurait plutôt réduit les primes concernées à 50 millions de francs guinéens.
Des contestations autour du rapport de l’IGE
Mandian Sidibé a également contesté le rapport de l’Inspection générale d’État (IGE). Selon ses explications, certaines recommandations auraient été retirées du document à la demande du conseil d’administration.
Il affirme avoir conservé une version originale du rapport. Il accuse certains responsables d’avoir modifié le document final.
L’ancien directeur général a aussi évoqué des observations de la mission d’inspection concernant des contrats d’un montant d’un milliard de francs guinéens.
Concernant les véhicules acquis entre 2022 et 2024, il assure qu’ils sont toujours disponibles malgré son départ de l’OGP.
L’ancien patron de l’OGP évoque les recrutements
Au cours de son intervention devant la CRIEF, Mandian Sidibé a également abordé les difficultés rencontrées pendant sa gestion. Il a notamment évoqué les recrutements et les exigences liées à la communication institutionnelle.
À son arrivée, soutient-il, l’OGP comptait 130 employés, selon ses explications. Il affirme avoir engagé de nouveaux recrutements pour renforcer les effectifs et accroître les recettes de l’établissement.
Il dit cependant avoir rencontré des difficultés dans ce processus. Il a également déploré un manque d’accompagnement en matière de communication institutionnelle.
Il présente cette question comme l’une de ses principales préoccupations durant son passage à la tête de l’office.
Mandian Sidibé a par ailleurs affirmé que les membres du conseil d’administration participaient également à la gestion des fonds de l’OGP, domiciliés à la Banque centrale.
Les 78 milliards GNF au cœur de la défense de Mandian Sidibé
Revenant sur le montant au centre de la procédure, l’ancien directeur général a catégoriquement rejeté les accusations.
Il estime que les 78 milliards de francs guinéens évoqués dans le dossier ne reposent pas sur des justificatifs suffisants.
« Ce montant de 78 milliards de francs guinéens est inventé. Il n’y a aucune pièce justificative », a-t-il affirmé devant la chambre de jugement.
Il a toutefois mentionné un montant de 22 milliards de francs guinéens. Selon lui, cette somme aurait été relevée à l’issue de la mission d’inspection et restait à justifier.
L’ancien responsable a ensuite détaillé les avantages dont il bénéficiait en qualité de directeur général.
Il a notamment cité un salaire mensuel de 75 millions de francs guinéens, une prime de carburant de 30 millions et une enveloppe forfaitaire de 100 millions de francs guinéens. Il soutient que le conseil d’administration avait prévu ces avantages.
Pour conclure sa déclaration, Mandian Sidibé a dénoncé un acharnement à son encontre. Il a également affirmé ne posséder aucun terrain à Conakry, à l’exception d’un bien immobilier situé à Kouroussa.
Après cette première phase de déclaration, les débats se sont poursuivis avec les questions des magistrats, du parquet, des avocats de la partie civile et de ceux de la défense.
Fatoumata Camara


