Bcrg : le mouvement de cessation de travail ravive les tensions entre direction et syndicats

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L a crise se poursuit à la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). Après plusieurs semaines de désaccords entre la direction de l’institution et la délégation syndicale, une cessation collective de travail a été observée mercredi 19 août, avant une nouvelle prise de position du gouverneur Karamo Kaba.

Selon la direction de la BCRG, le mouvement s’est déroulé entre 12 heures et 17 heures et a affecté le fonctionnement de certains services et départements.

Dans un communiqué, le gouverneur Karamo Kaba a rappelé que le droit syndical et le droit de grève sont reconnus par la législation guinéenne, tout en soulignant que leur exercice doit respecter les procédures prévues par les textes en vigueur.

La direction de la Banque centrale précise ainsi que les absences constatées au cours de la journée du 19 août feront l’objet d’un examen individuel. Elle indique que d’éventuelles mesures administratives seront prises, le cas échéant, dans le respect des procédures et des droits de la défense.

Ce nouvel épisode intervient dans un contexte de tensions entre la direction de la BCRG et ses organisations syndicales.

Le 7 août, la délégation syndicale avait annoncé le dépôt d’un préavis de grève, avec le soutien de la Fédération syndicale des banques, assurances et microfinances de Guinée (FESABAG) et de l’Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG).

Le mouvement devait initialement couvrir la période du 10 au 20 août. Les syndicats dénonçaient notamment le refus, selon eux, de la direction de ratifier un protocole d’accord issu de négociations portant sur leurs revendications.

Quelques jours plus tard, le 12 août, la délégation syndicale avait annoncé la suspension de ce préavis à la demande de la FESABAG et de l’USTG, privilégiant alors le dialogue et la poursuite des discussions. Elle avait toutefois indiqué qu’elle restait mobilisée et qu’elle pourrait réexaminer sa position en fonction de l’évolution des négociations.

Des syndicalistes entendus par la justice

La situation s’est également compliquée sur le plan judiciaire. Mercredi 19 août, plusieurs responsables de la délégation syndicale de la BCRG ont été convoqués à la Direction centrale de la Police judiciaire (DPJ), puis conduits au parquet du tribunal de première instance de Kaloum.

Trois syndicalistes ont été concernés par cette procédure, selon les informations publiées par plusieurs médias guinéens. Ils sont visés par une plainte déposée par un employé de la BCRG et sont accusés, selon les éléments communiqués par leur avocat, de faits qualifiés de troubles à l’ordre public, d’agression physique et de menaces.

Après leur passage au parquet, les syndicalistes ont été remis à leurs avocats et invités à revenir jeudi 20 août pour connaître l’orientation donnée au dossier.

Leur conseil a indiqué que plusieurs options étaient possibles, allant d’un classement sans suite à l’ouverture d’une information judiciaire ou à la programmation d’une audience.

La défense conteste les accusations et estime que les éléments du dossier ne justifient pas, à ce stade, des poursuites.

La direction appelle à la reprise du travail

Face à cette situation, le gouverneur Karamo Kaba a appelé le personnel de la BCRG à reprendre normalement le service à compter de jeudi 20 août. La direction demande également aux travailleurs et aux organisations syndicales de poursuivre les discussions dans le respect des règles internes et des procédures légales.

Le différend entre la direction et les représentants du personnel demeure donc au centre des préoccupations.

Alors que le préavis de grève arrive à son terme, l’évolution de la procédure judiciaire visant des responsables syndicaux et celle des négociations sociales devraient déterminer les prochaines étapes du conflit au sein de la banque centrale.

Pour l’heure, la direction affirme vouloir maintenir le fonctionnement normal de l’institution, tandis que les représentants syndicaux restent engagés dans leurs revendications.

L’issue des discussions et de la procédure judiciaire est désormais attendue avec attention.

La rédaction

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