L ’interpellation de l’actrice guinéenne Zainab Chérif à Kindia, la semaine dernière, suscite une vive polémique sur les réseaux sociaux. Accusée de port illégal de tenue militaire, son cas a fait l’objet d’une mise au point officielle de l’Office National du Cinéma, de la Vidéo et de la Photographie de Guinée (ONACIG).
Le secteur culturel guinéen est en émoi après l’arrestation de Zainab Chérif. Selon les premières informations rapportées, l’actrice aurait été appréhendée par les autorités alors qu’elle arborait un treillis de la gendarmerie nationale, complet avec des insignes officiels.
Les images de la comédienne ainsi vêtue, largement relayées sur internet, constituent le point de départ de cette procédure judiciaire.
La position de l’ONACIG
Face à l’ampleur des réactions, le Directeur général de l’ONACIG, Amara Traoré, a tenu à apporter des éclaircissements. Bien que l’organisme attende une confirmation officielle des services de sécurité pour valider définitivement les circonstances de un l’interpellation, la direction générale a rappelé la nécessité de respecter scrupuleusement le cadre légal lors des productions audiovisuelles.
L’Office souligne que l’exercice des activités de cinéma et de photographie ne soustrait pas les acteurs aux lois de la République.
« L’utilisation d’uniformes, d’insignes ou de symboles des forces de défense et de sécurité dans une œuvre audiovisuelle nécessite des autorisations préalables des autorités compétentes », a rappelé l’institution.
En Guinée, tout tournage impliquant des attributs régaliens doit en effet faire l’objet d’un protocole d’accord avec les ministères concernés (Défense ou Sécurité).
Ce que dit la loi
L’arrestation de Zainab Chérif s’appuie sur des dispositions strictes du Code de justice militaire du 31 mai 2017. L’article 234 de ce code prévoit des sanctions allant de deux mois à un an d’emprisonnement pour tout individu (militaire ou civil) portant indûment des décorations, uniformes ou signes distinctifs nationaux.
La législation guinéenne est particulièrement rigoureuse sur l’usurpation d’insignes :
- Le port illégal simple : passible de deux mois à un an de prison.
- Circonstances aggravantes : si l’usurpation de l’uniforme est associée à un crime, la peine peut atteindre dix à vingt ans de réclusion criminelle.
- Cas extrême : si l’usage de la tenue est suivi de la mort d’autrui, la loi prévoit la réclusion criminelle à perpétuité.
Un avertissement pour la profession
Cette affaire remet en lumière les risques encourus par les professionnels de l’image en Guinée.
Si la liberté de création est reconnue, elle reste encadrée par des impératifs de sécurité nationale.
Pour de nombreux observateurs du milieu culturel, cet incident souligne l’importance pour les maisons de production de régulariser systématiquement leurs demandes de tournage auprès de l’ONACIG et des autorités militaires afin d’éviter toute confusion entre fiction et réalité.
Pour l’heure, l’actrice reste à la disposition des autorités pour la suite de la procédure.
Fatoumata Camara


