A l’entame du Carême chrétien et du Ramadan musulman, les marchés de la capitale guinéenne enregistrent une hausse notable des prix de plusieurs denrées de première nécessité, en dépit du protocole d’accord signé le 16 février entre le ministère de l’Industrie et du Commerce et les opérateurs économiques pour encadrer les tarifs.
Dans plusieurs marchés de Conakry et de sa périphérie, notamment à Matoto, Cosa, Enco 5 et Dubréka, des dépassements des prix plafonds sont observés.
Le sac de riz de 50 kg, officiellement fixé à 280 000 GNF, se vend jusqu’à 285 000 GNF dans certains points de vente. Le sac d’oignons, auparavant cédé autour de 180 000 GNF, oscille désormais entre 300 000 et 350 000 GNF.
D’autres produits connaissent également des hausses:
-
Huile rouge (bidon de 20 litres) : de 220 000 à 300 000 GNF ;
-
Palette d’œufs : de 38 000 à 65 000 GNF ;
-
Sac de pommes de terre : de 330 000 à 400 000 GNF ;
-
Sac de gombo : jusqu’à 180 000 GNF contre 80 000 GNF habituellement.
Par ailleurs, certains produits comme la tomate concentrée « Sympa » et les tablettes de bouillon se font rares dans plusieurs secteurs, selon des commerçants et des consommateurs.
Les explications des commerçants
Les vendeurs interrogés attribuent ces fluctuations à des contraintes logistiques et à des difficultés d’approvisionnement. Certains évoquent une hausse des frais de transport depuis le marché de gros de Madina, ainsi qu’une disponibilité limitée de certains produits à la source.
« La marchandise est difficile à trouver et le transport coûte plus cher », explique un détaillant, qui estime que ces charges supplémentaires réduisent sa marge bénéficiaire dans un contexte de prix encadrés.
Les ménages sous pression
Pour de nombreux foyers, ces augmentations interviennent à un moment de forte consommation. Des clients interrogés indiquent revoir à la baisse leurs achats face à l’augmentation des prix de produits de base, notamment le poisson, les légumes et les condiments.
Les mesures de régulation
Le protocole signé par les autorités prévoit un plafonnement des prix à Conakry et des ajustements pour les localités de l’intérieur du pays, tenant compte des coûts de transport, notamment vers des préfectures comme Beyla et Yomou.
Le ministère rappelle également la mise à disposition du numéro vert 142 pour signaler tout cas de spéculation ou de non-respect des tarifs homologués. Des brigades de contrôle sont chargées d’assurer le suivi sur le terrain.
Reste à évaluer l’impact de ces mesures dans les prochains jours, alors que les ménages s’organisent pour faire face aux dépenses liées aux périodes de jeûne.
Fatoumata Camara


