Visite de roch kaboré en guinée : la lutte contre le terrorisme au centre des échanges

En marge de sa visite en Guinée, du jeudi au vendredi 08 août 2019, le Président du Burkina Faso, , a sollicité le soutien des pays de la sous-région pour combattre le terrorisme, dont le Burkina et certains pays du Sahel sont confrontés.

Selon Roch Marc Christian Kaboré, le coté asymétrique et transfrontalier de ce phénomène traduit la difficulté des pays du Sahel à faire face à cette barbarie d’un autre âge qui sème partout la désolation.

« Depuis quelques années, mon pays et les pays du Sahel sont confrontés au terrorisme (…..) Notre conviction est qu’aucun pays ne peut, à lui seul, y faire face. Le G5 sahel et sa force conjointe ont besoin du soutien de tous pour être efficace dans la lutte contre le terrorisme » a déclaré le Président Burkinabé, rappelant au passage que le Président Alpha Condé avait participé à la création du G5 sahel, en février 2017 à Bamako le 6 février.

Toute chose qui témoigne, selon lui, l’engagement du président guinéen de se mettre aux côtés des pays du Sahel pour lutter contre ce fléau.

En réponse à cette sollicitude, le Président Alpha Condé s’est dit très peiné de voir le terrorisme se développer au Burkina, Mali, Niger et Nigeria.

« Tout ce qui touche au Burkina et au Mali touche à la Guinée. Si un guinéen n’accepte pas d’aller mourir au Bangladesh ou en Afghanistan, c’est parce que ce n’est pas son pays. Et inversement. Les forces de l’ONU ne peuvent pas nous aider. Pour qu’elles nous aident, il faut qu’elles soient composées de troupes africaines. Parce que le Guinéen se sent aussi bien chez lui au Burkina, qu’au Mali ou au Niger. Au Congo, cela fait 15 ans ou 20 ans qu’il y a les troupes de l’ONU, mais il y a toujours de l’insécurité. La solution, c’est les troupes africaines, le G5 Sahel. Bien sûr, on nous dit que les militaires ne se battent pas, ils jettent les armes et s’en vont. On n’a pas créé les conditions. Aujourd’hui, le terrorisme n’est plus une question de Touareg. Par la manipulation et la pauvreté, beaucoup de jeunes Peulhs, Malinké, Touareg sont attirés » a indiqué Alpha Condé.

Pour montrer son engagement dans la lutte contre le terrorisme, M. Condé a promis de renforcer la troupe guinéenne à Kidal même s’il reconnait que les soldats ne sont pas des hommes du désert.

« Nous ne sommes pas des hommes du désert, c’est vrai. Pourtant nous sommes à Kidal et personnes ne veut nous remplacer. Non seulement nous allons rester, nous sommes à 850, mais nous allons passer à 1 000 hommes » a promis le Chef de l’Etat guinéen.

Plus loin, le Président guinéen invite aux partenaires africains de l’Occident de ne pas diaboliser les pays en proie au terrorisme.

« Quand il y a le terrorisme à Londres, Paris, les Présidents africains ne demandent pas à ses ressortissants d’éviter Paris ou Londres. Mais chez nous, tout de suite, on dit : évitez tel pays, c’est rouge, c’est jaune ou vert. Non seulement le terrorisme nous crée des problèmes, mais eux aussi nous isolent. Au fond, ça encourage les terroristes qui sauront que plus ils attaquent, plus le pays est isolé et enfoncé. En faisant cela, nos partenaires ne nous aident pas, ils encouragent les terroristes. En tout cas, nous, rien ne nous empêchera d’aller au Mali, Burkina » insiste le président guinéen.

Hafia Diallo

 

 

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