Rentrée universitaire à conakry: les professeurs assistants mettent-ils leur menace à exécution ?

Comme annoncé par la conférence des recteurs de Guinée, les étudiants des institutions d’enseignement supérieur ont repris ce 16 octobre la rentrée académique 2017-2018. A l’université Général Lansana Conté de Sonfonia (dans la banlieue de Conakry) les étudiants ont répondus à l’appel mais certains professeurs n’ont pas répondu à l’appel. Dans certains départements des cours ont été dispensés. Malgré le nombre pléthorique des étudiants cette année (18.000 étudiants), certaines salles de classe sont restées quasiment vides. 

Des centaines d’étudiants ont effectué leur première inscription en ce lundi 16 octobre, comme annoncé dans un communiqué des responsables d’universités de Guinée. Dans la plus grande université du pays (18000 étudiants), à Sonfonia dans la commune de Ratoma, ils étaient nombreux parmi les étudiants à se regrouper devant le service scolarité de l’institution. C’est le cas de Miché Onomou, sourire aux lèvres, il s’estime heureux d’être orienté dans cette Faculté des sciences juridiques, parce que c’était son premier choix sur la fiche d’orientation. Dans son témoignage, Miché confie à la rédaction de Newsguinée que vu la conjoncture économique, il a préparé faire ses premiers pas en attendant les premières bourses octroyées aux étudiants par l’Etat.

Ce qui n’est pas le cas de Makané Conté, à peine 20 ans cette jeune fille habite à Boulbinet dans un des quartiers populaires de la commune de Kaloum à Conakry. Issue d’une famille à revenu modeste, elle s’est présentée en ce premier jour de la rentrée pour être sur la liste des étudiants présents mais pas pour reprendre les cours. Son objectif : pouvoir bénéficier de l’assistance financière de l’Etat (bourse). Avec ses cours de trois jours par semaine et 15.000 francs guinéens pour son transport, Makané Conté n’est pas en mesure de faire face à cette situation financière au-dessus de ses moyens.

Dans les départements du premier cycle les activités étaient moroses ce lundi 16 octobre, des professeurs  assistants  auraient mis leur menace à exécution. Le samedi 09 septembre 2017 à l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry le Collectif des enseignants chercheurs assistants, par la voix de son Président avait annoncé que tous les enseignants chercheurs de grade ‘‘ ASSISTANT’’ bouderont  les classes dès la rentrée universitaire 2017-2018. Ils demandent une amélioration des conditions de vie des enseignants chercheurs de leur catégorie à savoir :

  • La facilitation de la formation des formateurs ;
  • L’avancement du grade de Maitres-assistants/Chargés de recherche de tous les assistants, et Attachés de recherche ayant une ancienneté d’au moins quatre ans ;
  • Que cet avancement et celui au grade de Maitre de conférences relèvent des dispositions internes ;
  • Que l’exercice du droit à la retraite des cadres en exercice dans le système soit effectif selon les règles administratives ;
  • Que l’accès au grade de Professeur des Universités relève uniquement du CAMES ;
  • Le relèvement du montant des primes mensuelles accordées aux Assistants/ Attachés de recherche à hauteur de cinq million (5 000 000) GNF.

Au cours d’une conférence de presse organisée à la Maison de la presse au mois de septembre dernier, le porte parole des enseignants Mohamed Kaba avait menacé : «Si nos revendications ne sont pas satisfaites, nous avons déjà indiqué dans le courrier adressé au ministre, qu’il ne faut pas qu’on s’attende à une rentrée universitaire paisible ».

En Faculté des Lettres et sciences humaines, une réunion d’urgence a été organisée pour réajuster l’absence des professeurs chargés de cours dans certaines salles de classe à l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia.

Ce qui n’est pas le cas des étudiants des cours de Master droit privé. Dans la salle, c’est le professeur Isack Yacouba Ndiaye, vice-président du conseil constitutionnel du Sénégal qui donne des cours de Master 2 droit privé. Partisan de la coopération sud-sud depuis plusieurs années, ce professeur titulaire à l’université Cheick Anta Diop de Dakar, a donné le sourire à ses étudiants guinéens en s’engageant à leur donner les 60 heures de cours sur la théorie générale du contrat.

Mohamed BAH

mohamed.bah@guineeactuelle.com

 

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