Migration : conakry et l’union européenne échangent sur la coopération en matière de réadmission

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C onakry- Le ministre des Affaires étrangères, de l’Intégration africaine et des Guinéens établis à l’étranger, Morissanda Kouyaté, a reçu, vendredi 6 février 2026, à Conakry une délégation de l’Union européenne (UE), dans un contexte marqué par des divergences sur la coopération migratoire entre les deux parties.

Cette rencontre intervient après des déclarations publiques de l’ambassadeur de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, qui avait dénoncé, le 28 janvier dernier, une coopération jugée insuffisante de la Guinée en matière de réadmission de ses ressortissants en situation irrégulière.

La position de l’Union européenne

L’Union européenne conditionne l’assouplissement des procédures de délivrance de visas à une meilleure collaboration des autorités guinéennes sur le retour des migrants, qu’il s’agisse de retours volontaires ou forcés.

A ce sujet, l’ambassadeur Xavier Sticker avait évoqué la possibilité pour Bruxelles d’activer l’article 25 bis du Code des visas, en cas de manque de progrès sur la délivrance des laissez-passer consulaires.

Une telle mesure pourrait entraîner une augmentation des frais de dossier, un allongement des délais de traitement ou encore une réduction de la durée de validité des visas accordés, notamment aux étudiants et aux opérateurs économiques.

La réponse de la diplomatie guinéenne

En réaction, le chef de la diplomatie guinéenne a rejeté les pressions exercées par l’Union européenne, estimant que d’éventuelles restrictions n’auraient qu’un impact limité sur la population guinéenne.

« J’ai vu dans la presse que l’Union européenne menace la Guinée parce que si la Guinée ne fait pas ceci, on ne donne pas les visas aux guinéens et tout. Non, les 99% des guinéens ne veulent pas aller en Europe. Ça il faut le savoir. C’est une infime partie qui veut partir. Donc ça ne nous effraie pas. Là on va faire l’article 25, les visas vont durer. Si les visas durent, nous aussi les visas dureront chez nous. Et ça ce serait malheureux qu’une institution aussi importante dans le monde soit en conflit avec notre pays. Ce n’est ni bon pour l’Union européenne, ni pour la Guinée. Évitons cela. Travaillons et rien ne sera restreint », a déclaré Morissanda Kouyaté.

Le ministre a par ailleurs averti qu’une application du principe de réciprocité diplomatique pourrait être envisagée concernant les délais de délivrance des visas pour les ressortissants européens.

Sur le fond du dossier migratoire, Morissanda Kouyaté a posé deux conditions à la poursuite du dialogue : le refus des expulsions par vols charters dans des conditions jugées humiliantes et le rejet des procédures d’identification de nationalité réalisées par téléphone cellulaire.

Tout en appelant à des solutions pragmatiques, la Guinée affirme ainsi une ligne de fermeté axée sur la protection des droits de ses ressortissants à l’étranger.

Fatoumata Camara 

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