L a Guinée engage un désengagement progressif de ses troupes le long de ses frontières, marquant une première étape d’accalmie après plusieurs jours de vives tensions avec le Liberia et la Sierra Leone.
Cette décision intervient à la suite du sommet extraordinaire de l’Union du fleuve Mano tenu lundi 16 mars 2026 à Conakry, sous la présidence du chef de l’État guinéen, Mamadi Doumbouya.
Désescalade annoncée par l’état-major
Dans un communiqué rendu public tard dans la soirée, le chef d’État-major général des armées, le général Ibrahima Sory Bangoura, a annoncé “l’allègement progressif du dispositif de défense déployé le long des frontières guinéennes, à compter du mardi 17 mars 2026”.
Cette mesure concerne notamment les zones sensibles aux confins de la Guinée avec la Sierra Leone et le Liberia, où le déploiement militaire avait été renforcé ces derniers jours.
L’État-major précise que cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre des conclusions du sommet de l’Union du fleuve Mano, au cours duquel les dirigeants ont opté pour la voie diplomatique afin de régler les différends frontaliers.
Tout en assouplissant son dispositif, l’armée guinéenne réaffirme néanmoins sa détermination à défendre “chaque portion du territoire national”, rappelant que l’intégrité territoriale demeure une ligne rouge.
Priorité au dialogue au sein de l’Union du fleuve Mano
Réunis à Conakry, les chefs d’État de Guinée, du Liberia et de la Sierra Leone ont convenu de privilégier les mécanismes de dialogue et de concertation pour apaiser les tensions qui ont récemment opposé Conakry à Monrovia et Freetown.
Les discussions ont porté sur les incidents signalés dans plusieurs zones frontalières, dont celle de Yenga, régulièrement au cœur de litiges entre la Guinée et la Sierra Leone.
Les dirigeants de l’Union du fleuve Mano ont également insisté sur la nécessité de renforcer la coopération sécuritaire, le partage d’informations et la confiance mutuelle entre États membres.
L’objectif affiché est de prévenir toute nouvelle escalade et de préserver la stabilité dans un espace déjà fragilisé par des défis sécuritaires et économiques récurrents.
Appels à la retenue et rôle des organisations régionales
En amont de ce sommet, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait exprimé sa “vive préoccupation” face à la montée des tensions et appelé les parties à faire preuve de retenue.
L’organisation régionale a annoncé le déploiement d’une mission d’évaluation technique dans le bassin du fleuve Mano, notamment dans la zone de Yenga, afin d’examiner de près la situation sur le terrain.
Ces démarches s’inscrivent dans une dynamique plus large de prévention des conflits frontaliers en Afrique de l’Ouest, alors que des incidents armés ont récemment ravivé les inquiétudes au sein de l’opinion publique et des partenaires internationaux.
En Guinée, les autorités affirment s’aligner sur ces efforts régionaux tout en maintenant un discours ferme sur la souveraineté nationale.
Message de l’armée aux populations
Dans son communiqué, l’État-major général des armées a salué le “patriotisme” et le calme des populations guinéennes durant la période de tension.
Il a également félicité les forces de défense et de sécurité pour leur “proactivité” et leur “maîtrise de soi” dans l’accomplissement de leur mission aux frontières.
Les autorités militaires invitent toutefois les citoyens à rester vigilants et à soutenir les efforts de paix engagés avec les pays voisins au sein de l’Union du fleuve Mano.
Elles appellent à éviter toute forme de discours ou d’acte susceptible d’alimenter les tensions, alors que le processus de désengagement militaire se veut graduel et conditionné à la poursuite du dialogue entre États.
Bangaly Condé


