Liberté de la presse : reporters sans frontières alerte sur une dégradation mondiale

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L e dernier rapport de Reporters sans frontières met en évidence une dégradation généralisée de la liberté de la presse à l’échelle mondiale.Selon l’organisation, plus de la moitié des pays évalués se trouvent désormais dans des situations jugées « difficiles » ou « très graves », une première depuis la création de cet indice il y a 25 ans

Dans son analyse, RSF indique que le score moyen global n’a jamais été aussi faible, traduisant une tendance continue à la baisse.

L’organisation souligne en particulier l’impact croissant de cadres juridiques restrictifs qui, depuis le début des années 2000, encadrent davantage l’exercice du journalisme, y compris dans certains États considérés comme démocratiques.

L’indicateur lié à l’environnement légal est d’ailleurs celui qui enregistre la plus forte dégradation, ce qui, selon RSF, reflète une progression des mesures susceptibles de limiter l’activité des médias.

Au sommet du classement mondial, la Norvège conserve sa première position avec un score supérieur à 92 points, tandis que l’Érythrée reste en dernière place, avec un niveau particulièrement bas.

En ce qui concerne la Guinée, le rapport fait état d’un recul dans le classement 2026. Le pays occupe désormais la 111e position sur 180, contre une place plus favorable l’année précédente.

Cette évolution s’accompagne d’une baisse du score global, passant d’un peu plus de 52 points à environ 48 points.

RSF relève que la période récente, marquée par la transition politique engagée à la suite du changement de pouvoir intervenu en septembre 2021 et par l’élection du général Mamadi Doumbouya à la présidence fin 2025, s’inscrit dans un contexte de transformation du paysage médiatique.

L’organisation mentionne notamment des cas de suspension de médias, des restrictions d’accès à certains canaux de diffusion ainsi que des incidents impliquant des professionnels de l’information.

Le rapport évoque également le rôle de la Haute Autorité de la communication (HAC), autorité de régulation du secteur, dans l’encadrement des activités médiatiques.

RSF note que certaines décisions récentes, notamment le retrait de chaînes de télévision de bouquets audiovisuels pour des motifs liés à la sécurité nationale, ont eu des répercussions sur la diffusion de l’information.

Par ailleurs, des limitations temporaires de l’accès aux réseaux sociaux au cours de l’année 2024 sont mentionnées parmi les éléments ayant affecté l’environnement médiatique.

L’organisation souligne aussi des disparités entre médias publics et privés, notamment en matière d’accès aux sources officielles et aux événements institutionnels.

Sur le plan économique, le rapport met en avant les difficultés structurelles rencontrées par les entreprises de presse privées.

Celles-ci dépendent en grande partie des revenus publicitaires, dans un contexte où les annonceurs peuvent se retirer en période d’incertitude.

RSF indique que certaines décisions administratives ayant conduit à la suspension de médias ont eu des incidences sur l’emploi dans le secteur.

Au niveau global, l’organisation insiste sur le fait que les évolutions observées s’inscrivent dans une dynamique internationale plus large, caractérisée par des pressions politiques, économiques et réglementaires accrues sur les médias.

La rédaction 

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