H uit mois après le glissement de terrain survenu dans la nuit du 20 au 21 août 2025 à Manéah, les autorités guinéennes ont procédé, ce mercredi, à la remise d’une assistance financière aux familles sinistrées.
La cérémonie s’est tenue au sein de l’école militaire ayant servi de site d’hébergement d’urgence depuis le drame.
Organisée par l’Agence nationale de gestion des urgences et catastrophes humanitaires (ANGUCH), la rencontre a mobilisé plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation ainsi que la ministre de la Femme, de la Famille et de la Solidarité.
Des autorités locales, notamment les préfets de Coyah, Kindia et Dubréka, étaient également présents.
Selon les responsables de l’ANGUCH, cette assistance s’inscrit dans le cadre du processus de relèvement des populations affectées.
Le drame avait fait au moins 19 morts et plusieurs disparus, en plus de nombreux blessés, suscitant une vaste mobilisation nationale et l’intervention de partenaires humanitaires tels que la Croix-Rouge guinéenne, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l’UNICEF.
L’appui financier accordé prévoit un montant de 30 millions de francs guinéens par famille, porté à 40 millions pour celles ayant enregistré des pertes humaines.
Le paiement est échelonné, avec une première tranche immédiate de 50 %, le reliquat étant annoncé pour la mi-avril.
Les autorités indiquent que ces fonds visent à accompagner les ménages dans leur relocalisation et à permettre la libération progressive du site militaire.
Au nom des sinistrés, leur porte-parole a salué les efforts consentis par les autorités depuis la catastrophe, tout en exprimant des inquiétudes quant à leur avenir, notamment en ce qui concerne le recasement et la gestion de leurs anciens terrains.
Plusieurs victimes ont également plaidé pour un éventuel retour sur le site d’origine, estimant que les risques auraient diminué.
Une option écartée par le gouvernement. Le ministre de l’Administration du Territoire a réaffirmé que le retour sur la zone sinistrée n’est pas envisagé, évoquant des considérations de sécurité.
Il a rappelé qu’un nouveau site est en cours d’aménagement par les services compétents et que des titres fonciers seront attribués aux familles concernées.
De son côté, la ministre de la Femme a insisté sur la portée symbolique de cette étape, marquant selon elle la fin de la phase d’hébergement d’urgence et l’ouverture d’un processus de reconstruction. Elle a également mis l’accent sur la nécessité d’un accompagnement spécifique des femmes et des enfants affectés.
Au-delà de cette aide ponctuelle, les autorités indiquent que la gestion post-catastrophe à Manéah s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention des risques et d’aménagement du territoire.
Plusieurs zones périurbaines de Conakry et de ses environs restent en effet exposées aux glissements de terrain, notamment en période de fortes pluies, en raison de l’urbanisation anarchique et de la fragilité des sols.
La remise de cette assistance marque ainsi une nouvelle étape dans la réponse institutionnelle à cette catastrophe, même si des défis persistent quant à la relocalisation effective et durable des populations sinistrées.
Fatoumata Camara


