Guinée: vers la restitution de biens culturels et historiques

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L a Guinée engage un nouveau chantier mémoriel en structurant ses démarches pour la restitution de biens culturels et de restes de figures historiques, dans un contexte de coopération renforcée avec la France et d’autres pays détenteurs de ce patrimoine.

Selon le ministre de la Culture, du Tourisme et de l’Artisanat, Moussa Moïse Sylla, interrogé par nos confrères de RFI, des « comités scientifiques » seront institués afin d’accompagner les procédures liées au retour de certains biens culturels, mais aussi de restes humains associés à des figures importantes de l’indépendance nationale.

Parmi les cas évoqués figure celui de Bokar Biro Barry, ancien souverain du Fouta-Djalon, dont les restes pourraient faire l’objet d’une demande officielle de restitution.

Les autorités guinéennes insistent sur la dimension mémorielle et éthique de cette initiative, qui vise à garantir le respect dû aux personnalités historiques concernées.

Cette démarche s’inscrit également dans une dynamique de coopération culturelle avec les pays détenteurs de ces biens, au premier rang desquels figure la France.

En amont, le ministre guinéen avait entrepris des démarches diplomatiques en vue de récupérer des pièces emblématiques du patrimoine national. Lors d’une visite officielle à Paris, il a notamment sollicité la restitution du coran attribué à Samory Touré, figure de la résistance à la pénétration coloniale. Ce manuscrit est actuellement conservé au Musée de l’Armée.

Du côté français, les autorités affichent une volonté d’accompagner ces processus de restitution, dans la continuité des engagements pris ces dernières années en faveur de plusieurs pays africains.

Des opérations similaires ont déjà abouti au retour d’objets culturels au Bénin, au Sénégal et en Côte d’Ivoire, traduisant une évolution progressive des politiques patrimoniales européennes.

À Conakry, la mise en place des comités scientifiques est perçue comme un outil structurant pour consolider les requêtes guinéennes, en s’appuyant sur une expertise historique, anthropologique et juridique. Elle devrait également permettre de documenter avec précision l’origine des biens réclamés et de renforcer la crédibilité des demandes auprès des institutions étrangères.

Au-delà de la restitution matérielle, les autorités guinéennes entendent ainsi engager un travail de réappropriation symbolique de leur histoire, dans un contexte où les questions de mémoire coloniale et de justice patrimoniale occupent une place croissante dans les relations entre l’Afrique et ses anciens partenaires européens.

Bangaly Condé 

 

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