L es autorités guinéennes ont présenté, lundi 9 mars 2026, les motivations ayant conduit à la dissolution de quarante partis politiques, une décision qui reconfigure profondément le paysage politique national.
La rencontre s’est tenue à Conakry entre le gouvernement et les membres du corps diplomatique accrédités dans le pays.
La réunion était présidée par le ministre des Affaires étrangères, Morissanda Kouyaté, qui a expliqué aux partenaires internationaux les fondements juridiques et politiques de cette mesure.
Selon lui, la dissolution des formations concernées résulte d’un processus d’évaluation conduit par le ministère de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation (MATD), dans le cadre de l’application de la législation encadrant les partis politiques en Guinée.
Parmi les partis dissous figurent plusieurs grandes formations de la scène politique guinéenne, notamment le Rassemblement du peuple de Guinée- Arc‑en‑ciel, l’Union des forces démocratiques de Guinée et l’Union des forces républicaines, longtemps considérés comme des acteurs centraux de la compétition politique nationale.
Devant les diplomates, le ministrre des Affaires Étrangères a insisté sur le caractère souverain de la décision, en affirmant que cette initiative relève de l’exercice normal de l’autorité de l’État et qu’elle s’inscrit dans une démarche de transparence vis-à-vis des partenaires internationaux.
« Il était important d’informer nos partenaires afin qu’ils disposent d’informations officielles plutôt que de se référer aux réseaux sociaux », a-t-il expliqué, soulignant que la communication avec le corps diplomatique s’inscrivait dans un esprit de coopération et de clarté.
Le gouvernement lie également cette mesure à la dynamique de refondation institutionnelle engagée depuis la prise de pouvoir par les autorités de transition dirigées par le président Mamadi Doumbouya à la suite du Coup d’État guinéen de 2021.
Selon les autorités, cette refonte vise à restructurer le système politique, renforcer les institutions et assainir le fonctionnement des organisations partisanes.
Dans son intervention, le ministre des Affaires étrangères a également évoqué les récentes étapes du processus politique, notamment l’adoption d’une nouvelle Constitution et l’organisation d’un scrutin présidentiel que les autorités qualifient d’« historique », affirmant qu’il s’est déroulé sans violences ni incidents majeurs.
La dissolution des partis intervient dans un contexte marqué par la préparation des élections législatives et communales prévues en 2026.
Cette décision suscite toutefois de nombreuses réactions au sein de la classe politique et de la société civile. Certains acteurs appellent d’ailleurs à plus de garanties sur le pluralisme politique et la participation de l’opposition aux prochaines échéances électorales.
La rédaction


