L e transfèrement d’Algassimou Diallo à la maison d’arrêt de Macenta continue de susciter des réactions, à la veille d’une nouvelle étape judiciaire dans le dossier de l’ancien procureur de la République près le Tribunal de Première Instance de Dixinn.
Après les inquiétudes exprimées par ses avocats sur son lieu de détention, l’administration pénitentiaire a confirmé sa présence à Macenta et assuré que son éloignement ne fera pas obstacle à la poursuite de la procédure.
Selon la Direction nationale de l’Administration pénitentiaire et de la Réinsertion (DNAPR), Algassimou Diallo a été transféré le 5 septembre de la maison d’arrêt et de correction de Coyah vers celle de Macenta.
L’administration présente cette décision comme une mesure relevant de la gestion administrative des établissements pénitentiaires. Elle précise que le changement de lieu de détention ne modifie pas le statut judiciaire de l’intéressé, qui demeure placé sous mandat de dépôt.
Un transfert qui intervient dans un contexte tendu
Cette annonce est intervenue après l’alerte lancée par le collectif des avocats de l’ancien magistrat. Dans un communiqué publié le 5 septembre, ses conseils avaient indiqué ne plus savoir où se trouvait leur client après son extraction de la prison de Coyah. Ils avaient également fait état de leurs inquiétudes concernant sa sécurité et son intégrité physique, estimant qu’aucune information officielle ne leur avait été communiquée sur sa destination.
Le lendemain, l’administration pénitentiaire a apporté une réponse officielle en confirmant le transfert vers Macenta. Cette mise au point visait notamment à lever les interrogations sur le lieu de détention du prévenu, alors que son dossier doit connaître une nouvelle audience devant la Cour suprême.
La défense maintient ses réserves
La clarification apportée par la DNAPR n’a toutefois pas mis fin à la controverse. Le collectif des avocats conteste les conditions dans lesquelles le transfèrement a été effectué et déplore notamment avoir appris la décision par voie de communication publique plutôt que par une notification officielle.
Pour la défense, la question ne porte donc pas uniquement sur le lieu où se trouve désormais son client, mais également sur les conditions de son déplacement et sur les garanties entourant l’exercice de ses droits dans le cadre de la procédure.
Une audience prévue le 8 septembre
L’enjeu prend une dimension particulière à l’approche de l’audience prévue mardi 8 septembre devant la Cour suprême. D’après les éléments communiqués par la défense, l’audience du 4 septembre avait notamment porté sur une demande de renvoi de l’affaire, tandis que le délibéré sur cette demande a été fixé au 8 septembre.
L’administration pénitentiaire assure, de son côté, que le transfèrement à Macenta ne remet pas en cause la disponibilité du détenu devant la justice. Elle affirme que toutes les dispositions nécessaires seront prises lorsqu’un ordre d’extraction lui sera transmis afin de permettre sa présentation devant la juridiction compétente.
Un dossier qui reste sous haute attention
Inculpé et placé sous mandat de dépôt le 27 août 2026 par le président de la Première Chambre pénale de la Cour suprême, Algassimou Diallo est notamment poursuivi pour des faits de provocation à la discrimination, à la haine ou à la violence, de discrimination et de participation à une association de malfaiteurs.
L’ancien magistrat avait auparavant été écroué à la maison d’arrêt de Coyah. Son transfèrement à Macenta, à plusieurs centaines de kilomètres de Conakry, intervient ainsi dans une période particulièrement sensible de la procédure.
À quelques heures de l’audience annoncée pour le 8 septembre, l’attention se porte désormais sur la capacité de l’administration pénitentiaire à assurer la présentation effective d’Algassimou Diallo devant la Cour suprême, tout en répondant aux interrogations persistantes de sa défense.
Alpha Binta Diallo


