Crief : verdict attendu pour ibrahima kassory fofana le 30 avril

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L es plaidoiries dans le dossier impliquant l’ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana se sont achevées, jeudi 2 avril 2026 devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), a-t-on constaté.

A l’issue des débats, la juridiction a mis l’affaire en délibéré, fixant la date du verdict au 30 avril prochain.

Au cours des audiences, les avocats de la défense ont multiplié les arguments visant à obtenir l’annulation de la décision rendue en première instance.

Me Almamy Samory Traoré a notamment soulevé des irrégularités de procédure, remettant en cause la validité du rapport de l’Inspection générale d’État.

Selon lui, ce document aurait été établi postérieurement à l’arrestation de son client, sans que celui-ci ne soit entendu, ce qui constituerait une atteinte au principe du contradictoire.

La défense a également contesté les accusations d’enrichissement illicite, soutenant que les biens visés auraient été acquis avant l’entrée en fonction de l’ancien chef du gouvernement.

Sur le volet relatif au blanchiment de capitaux, les avocats ont relativisé les faits reprochés, estimant qu’ils ne reposent pas sur des éléments suffisamment établis.

Intervenant à son tour, Me Dinah Sampil a mis en avant le parcours professionnel de l’accusé, dénonçant ce qu’il qualifie d’acharnement judiciaire.

Plus loin, il a appelé la Cour à statuer en toute indépendance, tout en critiquant certaines conclusions du jugement initial et des magistrats instructeurs.

L’avocat a par ailleurs pointé des incohérences dans la position du ministère public, notamment concernant l’état de santé de son client.

En réponse, la partie civile, représentée par Me Pépé Antoine Lamah, a rejeté les arguments de la défense, affirmant que le rapport incriminé aurait été produit avant l’interpellation de l’ancien Premier ministre.

L’avocat a également insisté sur le rôle de ce dernier en tant qu’ordonnateur principal des fonds de la MAMRI, une structure rattachée à la Primature, évoquant des incohérences dans les déclarations de patrimoine effectuées à différentes périodes.

Dans sa réplique, la défense a maintenu sa position, niant toute implication de son client dans les opérations financières contestées et affirmant l’absence de preuves matérielles concernant les montants évoqués.

Après ces échanges contradictoires, la Cour a clos les débats et annoncé que sa décision sera rendue le 30 avril 2026.

Alpha Binta Diallo 

 

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