L ’ancien ministre des Mines et de la Géologie, Ahmed Kanté, ainsi que 24 collaborateurs de la société minière AGB2A-GIC, font l’objet d’une mesure d’interdiction de sortie du territoire guinéen. La mesure aurait été requise le 7 octobre 2026 par le parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), dans le cadre d’une enquête préliminaire.
Selon les éléments rapportés par plusieurs sources, cette procédure fait suite à une dénonciation enregistrée par le parquet spécial le 5 octobre 2026 sous le numéro 448. Elle porte sur des soupçons d’évasion fiscale, de blanchiment de capitaux, de corruption et d’éventuelles irrégularités dans la gestion de certains flux financiers de l’entreprise minière.
La réquisition attribuée au procureur spécial, Alphonse Charles Wright, demande aux services compétents de prendre les dispositions nécessaires afin d’empêcher les personnes concernées de quitter le territoire national.
Le Commissaire spécial de l’aéroport international Ahmed-Sékou-Touré et la Direction centrale de la Police aux frontières seraient notamment chargés de veiller à l’application de cette mesure et d’informer le parquet de toute tentative de déplacement.
Cette interdiction intervient alors que l’ORDEF a été chargé de mener les investigations sur les faits dénoncés. Parmi les opérations que les enquêteurs doivent examiner figurent notamment les relations financières présumées entre AGB2A-GIC et le club de football chypriote Doxa Katokopias FC, dont la société minière est présentée comme partenaire ou sponsor.
Les investigations doivent notamment permettre de vérifier les montants éventuellement engagés, leur destination ainsi que leur traitement comptable et fiscal.
Les enquêteurs sont également appelés à examiner d’éventuelles opérations internationales et des soupçons liés aux prix de transfert. Il s’agit, selon les informations publiées sur le dossier, de déterminer si des transactions entre la société minière et des entités étrangères auraient pu avoir pour effet de déplacer une partie des bénéfices réalisés en Guinée.
Ces éléments constituent à ce stade des faits dénoncés que l’enquête doit précisément établir ou écarter.
Cette nouvelle procédure intervient alors qu’Ahmed Kanté est déjà concerné par d’autres poursuites devant la CRIEF.
Le 5 octobre, une affaire l’opposant notamment à Oumar Bah, Mamadou Alpha Sylla et Aboubacar Sidiki Camara, à la suite d’une plainte des ayants droit de feu Claude Lorcy, a été renvoyée à une date ultérieure.
Les prévenus, qui comparaissent libres, sont poursuivis pour plusieurs infractions présumées, dont la corruption, le détournement de deniers publics, la prise illégale d’intérêts, le blanchiment et l’enrichissement illicite.
L’ouverture de cette nouvelle enquête et la mesure d’interdiction de sortie du territoire constituent des mesures de procédure et ne préjugent pas de la culpabilité des personnes concernées.
Jean Pogomou


