L ‘ancien Premier ministre guinéen Ibrahima Kassory Fofana a été condamné, jeudi 2 juillet 2026, par la Chambre spéciale d’appel de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).
La juridiction l’a reconnu coupable d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux, tout en réduisant la peine prononcée en première instance.
Sa défense a aussitôt annoncé un pourvoi en cassation devant la Cour suprême.
Dans son arrêt, la Chambre spéciale d’appel a ramené la peine de cinq ans d’emprisonnement ferme, prononcée en février 2025, à trois ans et neuf mois de prison.
La Cour a toutefois maintenu les principales sanctions pécuniaires. L’ancien chef du gouvernement est condamné à une amende de deux milliards de francs guinéens, au paiement de trois milliards de francs guinéens de dommages et intérêts au profit de l’État, ainsi qu’à la confiscation de ses biens mobiliers, immobiliers et de ses comptes bancaires.
L’un des points marquants de la décision concerne les accusations de détournement de deniers publics.
La Cour a déclaré Dr Kassory Fofana non coupable des faits portant sur un montant de 15 milliards de francs guinéens.
Cependant, elle lui a ordonné de rembourser cette même somme à titre principal, une disposition que ses avocats jugent contradictoire et qu’ils entendent contester devant la Cour suprême.
À l’issue de l’audience, Me Sidiki Bérété, l’un des conseils de l’ancien Premier ministre, a dénoncé une incohérence entre les motifs et le dispositif de l’arrêt.
Selon lui, la juridiction reconnaît que les fonds concernés sont déjà identifiés, dont 12 milliards de francs guinéens déposés à la Banque centrale et trois milliards affectés à l’Agence nationale d’inclusion économique et sociale (ANIES), tout en condamnant son client à rembourser la totalité de cette somme.
La défense estime également que les infractions d’enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux n’ont pas été suffisamment établies.
Me Bérété soutient qu’aucun élément ne démontre que les biens et avoirs saisis proviennent d’un détournement des ressources publiques.
Il fait valoir que son client, après plusieurs décennies de carrière au sein de l’administration guinéenne, disposait de revenus et de fonds de souveraineté susceptibles de justifier son patrimoine.
De leur côté, le ministère public et la partie civile ont salué une décision qu’ils considèrent conforme aux dispositions légales applicables en matière de lutte contre la corruption et les infractions économiques.
Les avocats de l’ancien Premier ministre ont annoncé qu’ils déposeront un pourvoi en cassation devant la Cour suprême. Selon la défense, ce recours, prévu par la procédure pénale, produit un effet suspensif sur certaines mesures, notamment celles relatives aux confiscations, dans l’attente de l’examen du dossier par la haute juridiction.
Arrêté en avril 2022 à la suite de l’ouverture de poursuites engagées par la CRIEF, Dr Ibrahima Kassory Fofana est poursuivi dans plusieurs dossiers liés à la gestion de fonds publics.
Son affaire figure parmi les procédures les plus emblématiques engagées par cette juridiction spécialisée, créée par les autorités de la transition pour connaître des infractions économiques et financières impliquant d’anciens hauts responsables de l’État.
La rédaction


