E n mission officielle à Washington depuis le 22 juin, la ministre guinéenne de l’Économie et des Finances, Mariama Ciré Sylla, a intensifié ses consultations avec les responsables du Groupe de la Banque mondiale, à l’approche de l’examen du « Dossier Guinée » par le Conseil d’administration de l’institution.
Cette étape est considérée comme stratégique pour l’évolution du partenariat entre Conakry et la Banque mondiale, dans un contexte où le pays cherche à accélérer la mise en œuvre de ses réformes économiques et à mobiliser davantage de financements extérieurs.
Au centre des discussions figure notamment le futur Cadre de Partenariat Pays (CPF) couvrant la période 2027-2033, appelé à structurer l’intervention de l’institution en Guinée sur les sept prochaines années.
Selon les autorités guinéennes, l’examen du dossier porte également sur l’approbation de plusieurs projets structurants.
Parmi eux, la deuxième phase du Projet de Développement de l’Agriculture Commerciale, un programme visant à renforcer les chaînes de valeur agricoles et à soutenir la transformation du secteur rural.
S’y ajoutent un projet axé sur la mobilisation des ressources intérieures (enjeu crucial pour améliorer la soutenabilité budgétaire) ainsi qu’un programme dédié aux compétences, à l’innovation et à la résilience, dans un contexte marqué par de fortes attentes en matière d’emploi des jeunes.
Le 23 juin, la délégation guinéenne a multiplié les rencontres de haut niveau, notamment avec Ousmane Diagana, vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, et des responsables de l’Agence multilatérale de garantie des investissements (MIGA), filiale du Groupe spécialisée dans la couverture des risques liés aux investissements.
Ces échanges ont permis de faire le point sur le portefeuille des projets financés en Guinée, mais aussi d’identifier des leviers pour renforcer l’efficacité de leur exécution. La question de l’accélération des décaissements et de l’amélioration de la gouvernance des projets publics figure parmi les priorités régulièrement évoquées par les partenaires techniques et financiers.
Les discussions ont également porté sur les conditions d’amélioration de l’attractivité économique du pays. Dans un environnement régional concurrentiel, la Guinée cherche à capter davantage d’investissements privés, notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et de l’agro-industrie.
A ce titre, la MIGA pourrait jouer un rôle clé en offrant des garanties contre les risques politiques et financiers, susceptibles de rassurer les investisseurs internationaux.
Du côté de la Banque mondiale, les signaux restent globalement favorables, avec un engagement réaffirmé en faveur de l’accompagnement de la Guinée dans ses réformes structurelles.
Cette dynamique s’inscrit dans une tendance plus large observée en Afrique de l’Ouest, où les institutions financières internationales intensifient leur appui aux États confrontés à des besoins croissants en financement du développement.
A travers cette mission à Washington, le gouvernement guinéen entend consolider ses relations avec ses partenaires et sécuriser des ressources essentielles à la mise en œuvre de ses projets prioritaires.
L’issue de l’examen du « Dossier Guinée » par le Conseil d’administration de la Banque mondiale devrait ainsi constituer un indicateur clé de la confiance accordée aux orientations économiques actuelles du pays.
Bangaly Condé


