L e gouvernement guinéen et l’Intersyndicale de l’éducation, composée de la FSPE, du SLECG et du SNE, ont procédé ce samedi à la signature d’un nouveau protocole d’accord venant compléter celui conclu le 2 décembre 2025. Cette entente intervient dans le cadre des négociations sociales en cours dans le secteur éducatif.
Les discussions, conduites sous la médiation du Conseil national du dialogue social (CNDS) avec l’appui de l’Inspection générale de l’administration publique, ont permis de dégager des compromis sur plusieurs revendications, notamment la situation des enseignants contractuels, les primes de fonction, ainsi que les indemnités de logement et de transport.
S’exprimant au nom de l’intersyndicale, Kadiatou Bah, responsable du SLECG, a indiqué que cette signature correspond à une nouvelle étape du processus engagé.
« Nous voilà encore ce petit matin pour la signature de la deuxième partie de notre plateforme revendicative que nous avions déposée », a-t-elle déclaré, précisant que les échanges devraient se poursuivre lors de prochaines sessions prévues en février.
Poursuivant, elle a rappelé que les priorités abordées lors de la reprise des négociations concernaient notamment ’’la situation des enseignants contractuels communautaires non retenus et ceux de Conakry’’ , ainsi que ’’ le rehaussement de la prime de fonction’’ et ’’ la revalorisation des indemnités de transport et de logement’’.
De son côté, Michel Pépé Balamou, secrétaire général du SNE et porte-parole de l’intersyndicale, a insisté sur la portée de l’accord conclu.
« Il n’y a pas deux protocoles d’accord, mais un seul protocole d’accord (…) qui devient une pomme de réconciliation de l’intersyndicale de l’éducation autour de la défense des intérêts des enseignants », a-t-il affirmé.
Concernant les indemnités, les parties ont convenu d’une revalorisation fixée à 250 000 GNF pour le logement et 200 000 GNF pour le transport au bénéfice des enseignants du pré-universitaire et de l’enseignement technique.
Le paiement sera échelonné, avec une première tranche prévue pour fin mai 2026 et le solde annoncé pour septembre 2026.
Sur la question des primes de fonction, le gouvernement a accepté le principe de leur octroi, sous réserve de la mise en place d’une commission chargée d’examiner les actes de nomination des cadres concernés.
S’agissant des enseignants contractuels, l’accord prévoit la création de commissions techniques pour l’examen des dossiers.
« Le cas des 4 500 enseignants contractuels communaux non retenus (…) sera traité de manière exceptionnelle, et ceux de Conakry seront soumis à concours et priorisés », a précisé le porte-parole de l’intersyndicale.
Au nom du gouvernement, Aboubacar Kourouma, secrétaire général du ministère du Travail et de la Fonction publique, a salué un accord qu’il considère comme un signal social fort.
« Ce protocole d’accord est la preuve de l’engagement du gouvernement à améliorer les conditions de vie et de travail de l’ensemble des travailleurs de l’État, particulièrement dans le secteur de l’éducation », a-t-il déclaré.
M. Kourouma a également mis en avant le climat de concertation retrouvé, soulignant que’’ le dialogue est permanent et sera maintenu’’.
La signature de ce protocole intervient dans un contexte marqué par des tensions sociales et des menaces de reprise de la grève dans le secteur éducatif, à quelques jours de la reprise des cours.
Alpha Ibn Boubacar Diallo


