G uinée- Le président de la transition, Mamadi Doumbouya, a rendu public, le 26 janvier 2026, un décret fixant l’ossature du nouveau gouvernement guinéen. Cette réorganisation, qui maintient Amadou Oury Bah au poste de Premier ministre, relance les débats au sein de l’opinion publique et des milieux politiques.
La nouvelle équipe gouvernementale comptera 27 ministères et deux secrétariats généraux. Elle se caractérise par plusieurs fusions et créations de départements, avec pour objectif affiché de rationaliser l’action administrative et de maîtriser les dépenses publiques.
Des fusions au cœur de la réforme
Parmi les principales innovations figure la fusion du ministère de l’Éducation nationale avec ceux de l’Alphabétisation, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Une option qui répond à des appels récurrents en faveur d’une meilleure cohérence du système éducatif.
D’autres regroupements concernent notamment les portefeuilles de l’Emploi, du Travail et de la Protection sociale, ainsi que ceux de la Communication, de l’Économie numérique et de l’Innovation.
Le décret prévoit également la création d’un ministère de la Femme, de la Famille et de la Solidarité, ainsi que le maintien d’un département dédié à la Jeunesse et aux Sports, en lien avec les priorités exprimées par le chef de l’État lors de son investiture.
Analyse d’un universitaire
Invité de l’émission Autour de la République sur Parlement TV, le professeur et sociologue Alpha Amadou Bano Barry a estimé que la nouvelle architecture gouvernementale est « bien pensée et bien faite ». Il a salué en particulier la fusion des départements en charge de l’éducation, qu’il a qualifiée de réforme longtemps attendue.
L’universitaire a également mis en avant les regroupements visant à réduire les charges de fonctionnement de l’État, attribuant à l’ensemble une appréciation globale de 9 sur 10. Il a toutefois exprimé des réserves sur l’absence de fusion entre les ministères de l’Agriculture et de l’Élevage, qu’il juge potentiellement plus efficace.
Réactions et prochaines étapes
Cette réforme s’inscrit dans la dynamique de la transition politique en cours, dans un contexte de préparation au retour à l’ordre constitutionnel. Si certains observateurs saluent une meilleure prise en compte des enjeux liés aux femmes et aux jeunes, d’autres acteurs, notamment au sein de l’opposition, appellent à la prudence quant à la portée réelle de cette réorganisation.
Les décrets de nomination des membres du nouveau gouvernement sont attendus dans les prochains jours.
Alpha Binta Diallo


