L e président guinéen, Mamadi Doumbouya, a créé la Société nationale du tabac (SNT). Cette entreprise publique dispose d’un capital social de 100 milliards de francs guinéens (GNF), entièrement souscrit par l’État. Le décret portant sa création a été lu, lundi 19 octobre 2026, à la télévision nationale.
Selon le texte, la SNT doit assurer le monopole de l’État sur toute la filière du tabac en Guinée. Ses activités couvrent la production, la transformation et la commercialisation.
La société sera notamment chargée de contrôler les cultures et d’acheter le tabac auprès des producteurs. Elle devra également assurer sa transformation industrielle. Le décret lui confie aussi la régulation des importations et des exportations de produits finis.
Une entreprise publique sous double tutelle
Basée à Conakry, la Société nationale du tabac dispose de la personnalité morale et de l’autonomie financière. Elle relève techniquement du ministère du Commerce. Sa tutelle financière revient au ministère de l’Économie, des Finances et du Budget.
Le décret fixe sa durée de vie à 99 ans. Une dissolution anticipée ou une prorogation reste toutefois possible. Le siège social pourra également être transféré dans une autre localité du pays. Cette décision relèvera du conseil d’administration, sous réserve de l’approbation de l’autorité de tutelle.
La gouvernance de la SNT reposera sur un conseil d’administration et une direction générale. Selon les dispositions du décret, le conseil comptera neuf membres. Ils représenteront notamment la Présidence, plusieurs départements ministériels, les producteurs et des experts du secteur.
Les opérateurs privés disposent de six mois pour se conformer
La création de la SNT intervient après la disparition de l’Entreprise nationale des tabacs et allumettes (ENTA). Lancée en 1963 dans le cadre de la coopération sino-guinéenne, cette entreprise a cessé ses activités au début des années 2000.
Avec la nouvelle société, les autorités prévoient un dispositif public pour encadrer l’ensemble de la filière du tabac. Cette réforme concerne également les opérateurs privés déjà présents sur le marché.
Le décret leur accorde une période transitoire de six mois pour se conformer aux nouvelles dispositions. Ils devront aussi demander les licences ou conclure les conventions requises pour poursuivre leurs activités.
La SNT sera chargée d’organiser les activités de la filière dans le cadre du monopole annoncé par l’État. Les modalités pratiques de cette réforme, notamment pour les opérateurs existants, devront être précisées pendant la mise en place de la société.
La rédaction


