G uinée- Le Premier ministre guinéen, Amadou Oury Bah, a réaffirmé, mercredi 25 mars 2026, l’engagement du gouvernement à procéder à la fermeture définitive de la décharge de Dar-Es-Salam, principal site de dépôt des ordures ménagères de Conakry.
Cette annonce a été faite lors de la présentation de la politique générale de son gouvernement devant la représentation nationale.
A cette occasion, le chef du gouvernement a qualifié la situation actuelle de l’assainissement d’« inacceptable », pointant du doigt les retards accumulés dans la gestion de ce dossier.
Un processus de fermeture déjà engagé
Selon le Premier ministre, la fermeture de la décharge figure parmi les engagements pris par l’exécutif depuis le début de son mandat. Il a indiqué que le processus est « relativement avancé », avec des discussions en cours entre les autorités guinéennes et leurs partenaires techniques.
Des séances de travail sont prévues entre le ministère en charge de l’Hydraulique et de l’Assainissement et les différentes parties prenantes afin d’accélérer le transfert des déchets vers un nouveau centre d’enfouissement technique.
Ce projet bénéficie d’un financement estimé à environ 70 millions d’euros, mobilisé par l’Union européenne et l’Agence française de développement (AFD), pour la construction d’une infrastructure moderne à Baritôdé, dans la préfecture de Coyah.
Vers une reconversion du site de Dar-Es-Salam
Évoquant les perspectives post-fermeture, Amadou Oury Bah a fait référence à la décharge d’Akwédo, à Abidjan, transformée en zone urbaine aménagée, comme exemple de reconversion réussie.
Il a estimé que le site de Dar-Es-Salam, jugé « relativement modeste » en comparaison, pourrait à terme être valorisé en espace urbain attractif.
Dans cette optique, des discussions sont en cours, dit-il, autour d’un projet de réaménagement visant à améliorer l’image du site et à réduire les nuisances subies par les populations riveraines.
Un projet inscrit dans une stratégie globale
Les autorités annoncent également la mise en place d’un système intégré de gestion des déchets à Conakry, incluant la collecte, le tri, la valorisation et la transformation des déchets, notamment en énergie ou en engrais organiques.
Cette approche s’inscrit dans le cadre de la politique nationale de salubrité publique.
Un enjeu sanitaire
Depuis plusieurs années, la décharge de Dar-Es-Salam constitue une source de pollution de l’air et des sols, ainsi qu’un facteur de risques sanitaires pour les habitants des zones environnantes.
Sa fermeture et sa réaffectation sont présentées par les autorités comme une priorité nationale, à la croisée des enjeux de santé publique, d’environnement et d’urbanisation.
D’après les autorités, le transfert des activités vers le site de Baritôdé et la réhabilitation de Dar-Es-Salam devraient s’inscrire dans un calendrier pluriannuel.
Si aucune échéance précise n’a été avancée, le gouvernement insiste sur la nécessité d’une mise en œuvre rapide et coordonnée entre les différents ministères et les collectivités locales.
Bangaly Condé


