Discours de politique générale : le pm trace les priorités de la ve république

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L e Premier ministre Amadou Oury Bah a présenté, mercredi 25 mars 2026, son discours de politique générale devant la représentation nationale, conformément aux dispositions constitutionnelles encadrant son action.

Un exercice solennel intervenant deux ans après ses premiers engagements à la tête du gouvernement.

Dès l’entame de son intervention, le chef du gouvernement a insisté sur le respect du calendrier de la transition, affirmant que les objectifs de stabilisation institutionnelle et de redressement avaient été atteints.

Amadou Oury Bah a notamment mis en avant l’organisation des principales échéances électorales, appuyées par un processus d’enrôlement biométrique ayant concerné 8 979 923 citoyens, pour une liste électorale finale de 6 768 458 inscrits.

Ce processus a abouti, selon lui, à la tenue du référendum constitutionnel le 21 septembre 2025 et de l’élection présidentielle le 28 décembre de la même année.

Cette évolution institutionnelle a également permis, a-t-il soutenu, une réintégration progressive de la Guinée sur la scène internationale.

Le Premier ministre a rappelé la levée successive des sanctions de l’Organisation internationale de la Francophonie en septembre 2024, de la CEDEAO en janvier 2026, puis de l’Union africaine.

Sur le plan économique, Amadou Oury Bah a défendu un bilan qu’il qualifie de « rigoureux », illustré par une progression significative des recettes publiques.

« Sur le plan économique, les recettes publiques sont passées de 18 859 milliards de francs guinéens en 2020 à 45 000 milliards en 2025, soit une progression de 139% », a-t-il déclaré, évoquant également les effets de la modernisation des finances publiques et de la digitalisation des procédures, qui auraient permis de générer « plus de 246 milliards de francs guinéens d’économie », contribuant à renforcer « la discipline budgétaire et la crédibilité macroéconomique de l’État ».

Le chef du gouvernement a en outre souligné l’impact du rebasage du produit intérieur brut, qui aurait permis de « réévaluer la richesse nationale de plus de 36 milliards de dollars, soit une hausse de 51,2% », révélant selon lui « une économie guinéenne plus robuste, diversifiée et dynamique qu’estimé auparavant ».

Plus loin, le Premier ministre a également mentionné la confirmation de la note souveraine du pays à B+, assortie d’une amélioration de la perspective de « stable » à « positive ».

Dans le domaine social, le Premier ministre a assuré que « les résultats sont tangibles », citant notamment une prise en charge sanitaire des agents publics atteignant 80 %.

Sur le volet agricole, il a fait état de l’aménagement de 14 700 hectares et de la distribution de 507 tracteurs.

« La Guinée a consolidé son rang de premier producteur mondial de fonio avec environ 560 000 tonnes par an », a-t-il ajouté.

Les avancées dans les infrastructures et le numérique ont également été mises en avant, avec plus de 12 000 kilomètres de fibres optiques déployés et plus de 300 localités rurales raccordées à l’électricité.

Ces réformes, notamment dans la dématérialisation des services publics, ont permis au pays de progresser dans les classements internationaux, la Guinée étant passée de la 183e à la 160e place entre 2020 et 2025 sur l’indice de développement des Nations Unies relatif à la gouvernance électronique.

Se projetant dans la perspective de la Ve République, Amadou Oury Bah a souligné que la stabilité institutionnelle devait désormais se traduire en « prospérité inclusive ».

Il a identifié comme levier central de cette ambition le programme Simandou 2040, inscrit dans la Loi Plan 2026-2040 adoptée le 5 mars dernier.

Clôturant son intervention sur une note volontariste, le Premier ministre a insisté sur la nécessité de valoriser les ressources nationales au profit des populations.

« Les ressources naturelles n’ont de valeur politique que lorsqu’elles bonifient le capital humain », a-t-il martelé devant les conseillers présents.

Alpha Binta Diallo 

 

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