Guinée : ahmed tidiane kanté retenu à l’ordef, agb2a-gic rejette les accusations

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L a société minière AGB2A-GIC a annoncé, jeudi 8 octobre 2026, que son administrateur général, Ahmed Tidiane Kanté, est retenu dans les locaux de l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF), dans le cadre d’une enquête faisant suite à une dénonciation portée à la connaissance du parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF).

Dans un communiqué, l’entreprise indique que son administrateur général est retenu « à la suite des allégations portées par voie de presse, faisant écho à une dénonciation anonyme ».

AGB2A-GIC, société minière présentée comme étant 100 % guinéenne et spécialisée dans la production et la commercialisation de bauxite, affirme que les faits évoqués dans cette procédure « n’ont absolument rien à voir avec la réalité ».

Cette prise de position intervient après la révélation d’une mesure d’interdiction de sortie du territoire visant Ahmed Tidiane Kanté et 24 collaborateurs de la société.

Selon les éléments rapportés dans le cadre de l’affaire, cette mesure aurait été requise le 7 octobre par le parquet spécial de la CRIEF, dans le cadre d’une enquête préliminaire.

La procédure ferait suite à une dénonciation enregistrée le 5 octobre 2026 sous le numéro 448. Les faits dénoncés portent notamment sur des soupçons d’évasion fiscale, de blanchiment de capitaux, de corruption et d’éventuelles irrégularités dans la gestion de certains flux financiers de l’entreprise.

L’ORDEF a été chargé de mener les investigations. Les enquêteurs doivent notamment examiner certaines opérations financières impliquant AGB2A-GIC, ainsi que les relations présumées entre la société minière et le club de football chypriote Doxa Katokopias FC, dont AGB2A-GIC est présenté comme partenaire ou sponsor.

Les investigations doivent permettre de déterminer la nature et les montants des éventuels engagements financiers, leur destination ainsi que leur traitement sur les plans comptable et fiscal. Les enquêteurs devraient également se pencher sur d’éventuelles opérations internationales et sur des soupçons liés aux prix de transfert.

Selon nos informations, ces vérifications visent notamment à déterminer si certaines transactions avec des entités étrangères auraient pu avoir pour effet de déplacer une partie des bénéfices réalisés en Guinée.

À ce stade, ces éléments demeurent des faits dénoncés et doivent encore être établis ou écartés par l’enquête.

Dans son communiqué, AGB2A-GIC assure pour sa part que son administrateur général répondra « sereinement à toutes les questions liées à cette affaire », avec les documents qu’il estime nécessaires pour démontrer qu’il a toujours agi dans le respect de la légalité et « dans l’intérêt exclusif de la Guinée et des Guinéens ».

Ahmed Tidiane Kanté, ancien ministre des Mines et de la Géologie, est par ailleurs concerné par une autre procédure devant la CRIEF. Une affaire dans laquelle il comparaît notamment avec Oumar Bah, Mamadou Alpha Sylla et Aboubacar Sidiki Camara, à la suite d’une plainte des ayants droit de feu Claude Lorcy, a été renvoyée le 5 octobre à une date ultérieure.

Les prévenus comparaissent libres dans ce dossier, où plusieurs infractions présumées sont évoquées, notamment la corruption, le détournement de deniers publics, la prise illégale d’intérêts, le blanchiment et l’enrichissement illicite.

La nouvelle enquête visant AGB2A-GIC et ses responsables s’inscrit ainsi dans un contexte de contrôles et de procédures judiciaires portant sur des opérations économiques et financières. L’interdiction de sortie du territoire et la retenue d’Ahmed Tidiane Kanté constituent, à ce stade, des mesures de procédure et ne préjugent pas de la culpabilité des personnes concernées.

Jean Pogomou

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