Crief : le parquet explique l’incarcération de deux hissiers dans l’affaire ecobank

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L e parquet spécial près la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a publié, lundi 5 octobre 2026, un communiqué précisant les circonstances du placement sous mandat de dépôt de deux huissiers de justice, dans un dossier impliquant notamment Ecobank Guinée SA.

Cette publication intervient alors que la Chambre nationale des huissiers de justice de Guinée a évoqué une possible cessation d’activités à la suite de l’incarcération de ses membres.

Une plainte déposée en juin par la banque

Selon le parquet, la procédure trouve son origine dans une plainte déposée le 16 juin 2026 par Ecobank Guinée SA. L’établissement dénonce des faits présumés d’escroquerie au jugement, de faux et usage de faux, ainsi que d’usurpation de titre et de fonction.

Trois personnes sont mises en cause. Il s’agit d’une avocate, d’un huissier de justice et d’un individu présenté comme clerc d’huissier. D’après le parquet, les investigations indiquent que ce dernier aurait accompli des actes sans qualité légale, notamment dans le cadre d’une procédure de saisie-attribution contestée, par la suite déclarée nulle par la justice.

Le ministère public affirme que, malgré cette annulation et l’ouverture d’une procédure de liquidation des biens du débiteur principal, des démarches judiciaires se sont poursuivies. Celles-ci ont abouti à la condamnation d’Ecobank Guinée SA au paiement de plusieurs millions de dollars.

Une enquête préliminaire et un déferrement

Estimant disposer d’indices « graves et concordants », le parquet spécial a ordonné une enquête préliminaire, confiée à l’Office de répression des délits économiques et financiers (ORDEF). À l’issue de ces investigations, deux personnes ont été déférées devant la CRIEF.

Le parquet précise que les deux prévenus ont été placés sous mandat de dépôt dans le cadre d’une procédure de flagrant délit, conformément au Code de procédure pénale, avant d’être présentés à la juridiction compétente. Il justifie cette mesure par la gravité des faits reprochés, susceptibles de porter atteinte à la foi publique et à la sécurité juridique.

Une réponse aux menaces de débrayage

Au sujet des menaces de cessation d’activités formulées par les représentants des huissiers, le parquet spécial qualifie la démarche de « corporatiste » et estime qu’elle vise à entraver l’action judiciaire. Il souligne que les poursuites visent des personnes nommément identifiées et non l’ensemble de la profession, et rappelle le caractère personnel de la responsabilité pénale.

Le communiqué indique en outre que les privilèges et immunités de juridiction ne sont pas opposables à la CRIEF, en vertu des textes en vigueur, et qu’aucun statut ne peut faire obstacle aux poursuites relevant de sa compétence.

Présomption d’innocence et appel au recours aux voies légales

Le parquet spécial dit enfin sa détermination à conduire la procédure à son terme, dans le respect des droits de la défense et de la présomption d’innocence. Il affirme ne céder à aucune pression et invite les parties à recourir aux voies légales. Il appelle également le public à ne se fier qu’aux canaux officiels pour toute information concernant ce dossier.

Communiqué-Parquet-Spécial

Alpha Binta Diallo

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