L a Cour de Répression des Infractions Économiques et Financières a poursuivi, ce lundi, l’examen du dossier impliquant l’ancien ministre des Mines Ahmed Kanté, aux côtés de plusieurs co-prévenus, dont Oumar Bah, Mamadou Alpha Sylla et Aboubacar Sidiki Kanté.
Ils sont poursuivis pour des faits présumés de corruption, détournement de deniers publics, prise illégale d’intérêts, blanchiment de capitaux, escroquerie, enrichissement illicite, ainsi que pour diverses infractions liées à la création et à la gestion de sociétés.
Dans cette procédure, les ayants droit de feu Claude Lorcy, représentés par Mme Fatoumata Dramé, se sont constitués partie civile. Ils revendiquent des parts sociales dans plusieurs sociétés minières, dont la valeur est estimée à près de 75 millions de dollars.
Au cours de l’audience, Ahmed Kanté a comparu devant la chambre de jugement en compagnie de son conseil, Maître Aboubacar Sidiki Kanté, également poursuivi dans ce dossier pour des faits qualifiés d’« escroquerie à la justice ». Il lui est reproché d’avoir introduit une requête visant à obtenir une ordonnance relative à une prétendue contestation concernant la société GIC, alors qu’aucune procédure en ce sens n’aurait été enregistrée devant le tribunal de commerce.
Selon la partie civile, cette initiative aurait permis aux sociétés liées à Ahmed Kanté de poursuivre leurs activités sur des périmètres miniers litigieux, en l’absence de décision judiciaire définitive. Les héritiers de Claude Lorcy accusent en outre l’ancien ministre d’avoir modifié les statuts de certaines sociétés afin d’écarter leur défunt parent de l’actionnariat.
À la barre, Ahmed Kanté a rejeté l’ensemble des accusations portées contre lui. Il a notamment affirmé ne pas avoir mandaté son avocat pour agir en son nom personnel, précisant que les entités concernées dans ce dossier sont les sociétés GIC et AGB2. Il a également rappelé que le tribunal de commerce s’était déjà prononcé sur certains aspects du litige avant la transmission du dossier à la CRIEF.
L’ancien ministre a par ailleurs contesté toute implication dans des faits d’escroquerie, indiquant être actionnaire majoritaire de GIC, laquelle détiendrait, selon lui, 95 % des parts de la société AGB2. Il a soutenu que les éléments à l’origine des poursuites à son encontre reposeraient sur des bases qu’il juge infondées.
Les débats ont également porté sur la requête n°086 introduite par Maître Aboubacar Sidiki Kanté auprès du président du tribunal de commerce, visant à faire constater l’existence d’une procédure d’inscription de faux. Cette démarche constitue l’un des points centraux des poursuites engagées contre l’avocat.
Au cours des échanges, la défense et la partie civile ont longuement confronté leurs arguments. Maître Alpha Yaya Dramé a notamment sollicité la jonction de cette affaire avec une autre procédure impliquant Ahmed Kanté devant la CRIEF. Après examen, le tribunal a rejeté cette demande et ordonné la poursuite des débats.
À l’issue de l’audience, la Cour a renvoyé l’affaire au 29 juin prochain pour la suite des discussions.
Dossier à suivre !
Alpha Binta Diallo


