A l’occasion de sa première participation à une conférence des chefs d’État de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) depuis son accession à la magistrature suprême, le président guinéen Mamadi Doumbouya a tenu un discours critique à l’endroit des mécanismes de sanctions de l’organisation sous-régionale.
L’intervention est intervenue lors de la 69e session ordinaire de la conférence, tenue à Lungi, près de Freetown.
Devant ses homologues, le chef de l’État guinéen a estimé que les sanctions économiques et politiques appliquées par la CEDEAO produisent des effets négatifs principalement sur les populations, sans nécessairement atteindre les objectifs politiques visés.
Sans évoquer explicitement de pays, il a dénoncé une approche qu’il juge contre-productive dans la gestion des crises institutionnelles au sein de l’espace communautaire.
Selon lui, les mesures coercitives devraient constituer un ultime recours plutôt qu’un réflexe immédiat. Le président guinéen a notamment insisté sur leurs impacts sociaux, évoquant des répercussions sur les systèmes éducatifs, les activités économiques et l’accès aux services de base, notamment la santé.
Au-delà de cette critique, Mamadi Doumbouya a plaidé pour une redéfinition des priorités de l’organisation régionale. Il a rappelé que la CEDEAO, créée en 1975, avait pour vocation première de promouvoir l’intégration économique, le commerce intra-communautaire et le développement des États membres.
A cet effet, il a appelé à placer l’investissement productif, la création d’emplois et l’amélioration des conditions de vie des populations au centre des politiques régionales.
Le président guinéen a également évoqué la nécessité d’adapter les réponses de l’organisation aux contextes spécifiques de chaque pays, plaidant pour des approches différenciées face aux crises politiques et sécuritaires.
Cette position s’inscrit dans un contexte régional marqué par plusieurs transitions politiques et des tensions récurrentes entre certains États membres et les instances de la CEDEAO.
Autre point abordé, la place des acteurs militaires dans la gouvernance régionale. Mamadi Doumbouya a rappelé que plusieurs dirigeants ayant participé à la création de l’organisation étaient issus des forces armées, estimant que cette réalité historique devait être prise en compte dans les dynamiques actuelles.
En conclusion, le chef de l’État guinéen a exhorté les dirigeants ouest-africains à orienter davantage leurs actions vers les attentes concrètes des populations, notamment en matière d’infrastructures, d’accès à l’énergie, de développement industriel et d’emploi des jeunes.
Cette prise de position intervient alors que la CEDEAO est régulièrement interpellée sur l’efficacité de ses mécanismes de gestion des crises et sur l’équilibre entre exigences politiques et impératifs de développement.
La rédaction


