L e second volet du procès relatif aux événements du 28 septembre 2009 s’est poursuivi ce mardi 23 juin 2026 devant le Tribunal criminel de Dixinn, délocalisé à la Cour d’appel de Conakry. Cette audience a été consacrée aux réquisitions du ministère public dans le dossier impliquant le colonel Bienvenu Lamah.
Durant plusieurs heures, les représentants du parquet ont développé leurs arguments en s’appuyant sur les éléments matériels du dossier, les preuves débattues contradictoirement à l’audience ainsi que sur le principe de la responsabilité du supérieur hiérarchique. Ils ont soutenu que les faits reprochés à l’accusé s’inscrivent dans le cadre d’un crime contre l’humanité.
Selon le ministère public, les violences perpétrées au stade du 28-Septembre relèvent d’une attaque systématique et planifiée contre une population civile non armée. Les magistrats ont évoqué des actes de meurtres, de viols et de violences graves, estimant que l’ensemble des témoignages, la chronologie des faits et les pièces versées au dossier permettent d’établir la responsabilité du colonel Bienvenu Lamah.
Le parquet a également insisté sur l’existence d’un lien hiérarchique entre l’accusé et des recrues issues du camp de Kaléyah, présentées comme ayant participé aux exactions. Il a mis en avant l’autorité exercée par le colonel sur ces éléments, considérant que cette relation engage sa responsabilité pénale en tant que supérieur.
Dans sa réquisition finale, le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Dixinn, Elhadj Sidiki Camara, a demandé la requalification des faits initialement poursuivis — notamment complicité d’abus d’autorité, meurtres, assassinats, viols et violences — en crime contre l’humanité, en s’appuyant sur les dispositions du Code pénal guinéen et celles du Statut de Rome de la Cour pénale internationale.
Pour la répression, le ministère public a requis une peine de dix ans de réclusion criminelle assortie d’une période de sûreté de cinq ans, invoquant les textes légaux nationaux et internationaux applicables en matière de crimes graves.
S’adressant à la juridiction, le procureur a estimé qu’une telle décision permettrait de rendre une justice conforme aux attentes de la société.
A l’issue des réquisitions, la parole a été donnée à la défense. Me Pépé Antoine Lamah, parmi les avocats du colonel Bienvenu Lamah, a poursuivi sa plaidoirie, contestant les accusations et s’attachant à démontrer l’absence d’implication de son client dans les faits poursuivis.
Les débats se poursuivent devant la juridiction.
Jean Pogomou


