L a croissance économique guinéenne a atteint 7,4 % en 2025, selon le rapport de suivi de la situation économique de la Guinée publié par la Banque mondiale en septembre 2026.
Portée par l’expansion du secteur minier et la reprise des services, cette performance devrait s’amplifier avec la montée en puissance du projet Simandou. L’institution souligne toutefois que la création d’emplois et la diversification de l’économie restent des défis majeurs.
Selon la troisième édition du rapport de suivi de la situation économique de la Guinée, intitulée : « Au-delà de l’exploitation minière : transformer la richesse des ressources naturelles en croissance du secteur privé et en emplois », le produit intérieur brut (PIB) réel a progressé de 7,4 % en 2025, contre 5,4 % en 2024.
Cette accélération s’explique principalement par les performances du secteur minier, dont l’activité a augmenté de 13,9 %, notamment grâce à la hausse de la production de bauxite. Celle-ci est passée de 135 millions de tonnes en 2024 à 175 millions de tonnes en 2025, soit une progression de 30 %. La reprise des services et la croissance de l’agriculture ont également contribué à cette dynamique.
Parallèlement, l’inflation a reculé de 5,1 % en 2024 à 3,2 % en 2025. Cette évolution, liée notamment à l’atténuation des effets de l’explosion du dépôt de carburant de Conakry en décembre 2023 et à la normalisation des prix des transports et de l’énergie, a favorisé une amélioration du pouvoir d’achat réel des ménages.
La Banque mondiale estime que le taux national de pauvreté aurait diminué de 43,3 % en 2024 à 36,8 % en 2025. Cette estimation reste toutefois une projection de l’institution et ne signifie pas que les bénéfices de la croissance ont été uniformément répartis entre les différentes catégories de la population.
Simandou, principal moteur des perspectives de croissance
Les perspectives économiques à moyen terme sont particulièrement favorables. Le démarrage des exportations de minerai de fer de Simandou, amorcé à la fin de 2025, devrait renforcer la contribution du secteur minier à l’activité nationale.
D’après les projections de la Banque mondiale, la croissance du PIB réel pourrait atteindre 8,8 % en 2026, puis 11,6 % en 2027 et 10,7 % en 2028. Cette évolution placerait la Guinée parmi les économies affichant les taux de croissance les plus élevés au monde sur cette période.
Pour Marilyne Youbi, économiste du Groupe de la Banque mondiale et principale auteure du rapport, les investissements miniers et la mise en production progressive de Simandou offrent au pays une occasion importante d’accélérer sa transformation économique. Elle estime néanmoins que des réformes supplémentaires sont nécessaires pour renforcer le secteur privé, stimuler l’emploi et diversifier les activités économiques.
Le rapport met cependant en garde contre une lecture exclusivement fondée sur les performances du PIB. L’exploitation minière, qui mobilise d’importants capitaux, génère relativement peu d’emplois directs au regard des besoins du marché du travail. La progression de la production et des exportations ne garantit donc pas, à elle seule, une amélioration généralisée des conditions de vie.
La Banque mondiale relève notamment que l’emploi salarié formel ne représente que 8,5 % de la main-d’œuvre. Une grande partie des actifs travaille dans l’agriculture, les activités indépendantes ou les entreprises familiales, souvent caractérisées par une faible productivité et des revenus précaires.
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La rédaction


