Partenariats miniers : la guinée exige de nouvelles règles aux investisseurs

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L a Guinée réaffirme les principes qui encadrent désormais sa diplomatie économique, en mettant l’accent sur des partenariats jugés plus équilibrés dans l’exploitation de ses ressources naturelles.

Cette orientation a été exposée par le ministre des Affaires étrangères, Dr Morissanda Kouyaté, lors du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique.

Dans son intervention, le chef de la diplomatie guinéenne a souligné que l’accès aux ressources du sous-sol, notamment la bauxite, le fer, l’or ou encore le lithium, est désormais conditionné à des exigences précises.

Parmi celles-ci figurent le transfert de compétences, la création de valeur locale et la prise en compte des intérêts stratégiques du pays. Conakry affirme ainsi vouloir rompre avec les schémas d’exploitation jugés déséquilibrés du passé.

Le ministre a insisté sur le lien étroit entre sécurité, paix et gestion des ressources économiques. Selon lui, la stabilité du continent africain passe en partie par une meilleure maîtrise de ses richesses naturelles et par des relations économiques plus équitables avec les partenaires internationaux.

Dr Kouyaté a également réitéré l’ouverture de la Guinée aux investissements étrangers, tout en précisant que ceux-ci doivent désormais s’inscrire dans une logique de co-développement.

Plus loin, il a appelé à des partenariats « transparents et mutuellement bénéfiques », marquant une volonté de rééquilibrer les rapports économiques dans un contexte de concurrence accrue entre puissances internationales sur le continent.

Évoquant les expériences passées, le chef de la diplomatie guinéenne a reconnu que l’abondance des ressources minières en Afrique n’a pas toujours conduit à une amélioration significative des conditions de vie des populations.

Morissanda a estimé que ces ressources ont parfois été à l’origine de dépendances économiques et de vulnérabilités structurelles.

Dans un contexte mondial marqué par la transition énergétique et la transformation numérique, le ministre a relevé que les minerais stratégiques africains acquièrent une importance croissante.

Cette évolution renforce, selon lui, la nécessité pour les États africains de coordonner leurs positions et de parler d’une voix commune sur la scène internationale.

A travers cette prise de position, Conakry entend ainsi redéfinir les bases de sa coopération économique, en plaçant la gestion stratégique de ses ressources au cœur de ses priorités diplomatiques.

Bangaly Condé 

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