Les morts de l’accident de sangoyah ou les victimes d’une négligence de trop

Les morts de l’accident de Sangoyah qu’on a  accompagné à leur dernière demeure, sont des victimes d’une négligence de trop. Il y a des années, peut-être même quelques mois aussi, les services de sécurité et des transports routiers ont annoncé des mesures pour réduire les accidents de la circulation.

Bien avant le drame de Dubréka  en mai 2017   qui a fait 15 morts et de celui de Kouroussa au mois de  juin de la même année ayant aussi ôté la vie des jeunes artistes, dont le plus connu est DIOUMESSY , tout le monde a salué les beaux discours de nos autorités  à l’époque prometteurs. Parce que tous les guinéens n’oublient pas encore les 13 victimes d’un camion à Entag le 16 Décembre 2014 . Ils n’oublient surtout pas que plusieurs facteurs combinés ont expliqué ce qui, aux yeux de l’opinion était le fait de l’irresponsabilité des uns et du laxisme des autres. Alors une batterie de mesures selon laquelle les véhicules gros porteurs ne devraient plus circuler la journée avait été annoncée. Du moins la principale mesure.

Qui avait cru vraiment que c’était suffisant ? Qui imaginait que nous étions sortis du danger qui nous guette encore ? Et que représentent les véhicules mal portants ? Heureusement, il n’y avait eu que des guinéens trop crédules pour applaudir après autant de tintamarres sur les médias.

 Il y a toujours le temps pour se souvenir de tout. Dabondi aussi a eu ses victimes de la route en octobre 2011 et  plus de 20 morts ont été déplorés. Comme Kamayan à Gueckédou en 2006 qui a fait plus de 70 morts, sur un  pont qui a lâché  alors qu’un camion transportait environs 100 marchands, en majorité  femmes. Après cet accident  mortel, le  pont en question n’a été que modifié légèrement par les autorités en terme de réparation. On  s’en plaint pas trop, parce que peut-être il ne se trouve pas sur une nationale.

Le point commun de nos accidents de route, est que nous n’avons pas besoin d’enquêteurs aguerris pour comprendre les causes. Mauvaise qualité de nos routes , excès de vitesse, conducteurs en perte de contrôle, défectuosité du système de freinage etc. Et les experts formés sur les transversales de Conakry, soulèvent la problématique des contrôles techniques, comme s’il suffisait d’en parler pour que ça devienne une réalité. L’Etat, lui cherche à gagner du temps, parce qu’il peut bien se le permettre. Lorsqu’on en parle, ceux qui se nourrissent grâce à nous autres, veulent bien nous faire croire que nous sommes aussi responsables. Mais non ! Dans ce contexte, nous évoquons la responsabilité de l’Etat en tant qu’organe de gestion doté de tous les moyens pour protéger les populations éprises de sécurité.

Il n’y a rien qui soit plus normal que le fonctionnement de l’appareil qui contrôle et distribue les ressources du pays. Ceux qui ont mal de  notre système de transport routier, doivent faire entendre leur indignation pour que nous tournions le dos aux crimes de la route. C’est bien de cela il est question.  Des crimes commis par des individus mal intentionnés qui ont pris le malin plaisir de circuler à des heures de grande affluence avec moins de précautions. Ils roulent en continuant de mépriser les piétons, cyclistes et motocyclistes. Ils ont le mépris des autres et n’ont par-dessus tout, aucun respect pour la vie humaine. Face à eux et à ceux des guinéens investis de tous les pouvoirs pour les en empêcher, il faut une réponse des plus efficaces.  Le prochain combat doit nous permettre de jouir des moyens de l’Etat pour notre propre sécurité.

Jacques Lewa

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