Usurpation de titre dans le milieu éducatif guinéen : le dg de kountia cité aussi

D epuis plus d’une année déjà, le recteur de l’université de Kindia est en maille avec ses étudiants qui refusent qu’il signe leurs diplômes. Ils l’accusent d’avoir usurpé son titre de Docteur.

Pour ces étudiants conduits par Aboubacar Deen Souaré, le recteur n’a soutenu aucune thèse de doctorat et aucune université française ne le reconnait comme tel.

Le même avis semble être soutenu par le conseiller à la présidence de la République en charge des questions d’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, en l’occurrence Docteur Amadou Bano Barry, qui aurait mené une enquête sur l’authenticité du diplôme de doctorat de Jacques Kourouma.

Dans une correspondance adressée au Président de la République, en date du 04 juillet 2019, Docteur Bano Barry a demandé à ce qu’une instruction soit donnée au ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique pour qu’une enquête soit ouverte sur ce dossier.

Correspondance de Docteur Bano

« Je suggère simplement que vous instruisiez le ministre de l’Enseignement Supérieur de la Recherche scientifique, qui l’a proposé dans son projet de décret pour signature pour vous, d’ordonner à M. Jacques Kourouma, de déposer dans les brefs délais les originaux de son diplôme de DEA et de doctorat, de son mémoire du DEA et un exemplaire de sa thèse de doctorat. Ces deux documents suffisent pour confirmer ou infirmer les allégations de M. Souaré contre M. Jacques Kourouma » a-t-il écrit dans sa correspondance, précisant au passage que lui-même a vérifié les sites français intitulé « SUDOC’’ et celui intitulé « Thesis » qui répertorie et publie  en France des thèses de Doctorat.

Plus loin, Docteur Bano va jusqu’à révéler que le cas de M. Jacques Kourouma n’est pas un cas isolé dans le système éducatif guinéen. Car, souligne-t-il, des allégations de cette nature sont aussi portées contre le directeur général de l’Institut Supérieur de l’Information et de la Communication (ISIG de Kountia).

« Il ne semble pas que le cas de M. Jacque Kourouma soit isolé dans le système éducatif et en particulier en enseignement supérieur. Des allégations de même nature sont portées sur d’autres cadres, en l’occurrence de M. Bangaly Camara par ses collaborateurs directs, en l’occurrence les directeurs adjoints de la recherche, des études et le secrétaire général de l’institut » a indiqué Docteur Bano Barry.

Reste à savoir si le Chef de l’Etat va-t-il accéder à cette requête de son conseiller en charge des questions d’enseignement supérieur et de la recherche scientifique ?

En attendant d’y voir clair, ces deux cas viennent relancer le débat sur la floraison de ‘’ faux’’ diplômes en Guinée et beaucoup y voient une occasion à saisir pour mettre fin à ce phénomène qui semble prendre une certaine ampleur dans le milieu éducatif  guinéen.

A suivre !

Iso Abdoul Latif

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