Transparence minière : la guinée fait des progrès, mais doit s’améliorer

Une mission de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) a organisé, lundi 9 septembre 2019, à Conakry, une conférence de presse pour parler de la transparence et redevabilité dans le secteur minier en Guinée.

Selon Mamadou Bady Baldé, directeur pays Afrique ITIE, la Guinée a fait des progrès notamment sur les contrats miniers, l’octroi des permis et les paiements.

« Le Conseil d’administration de l’ITIE félicite les parties prenantes pour avoir renforcé la transparence des procédures d’octroi de licences, du registre des licences et des divulgations soumises par les entreprises de l’État et la divulgation des contrats miniers sur son portail de la transparence des contrats » a salué le directeur pays Afrique ITIE.

Cependant, la Guinée traine les pas sur certains points. C’est pourquoi, le Conseil d’administration donne à la Guinée jusqu’au 27 août 2020 pour prendre les mesures correctives concernant les’’ exigences liées à l’engagement des entreprises, à la gouvernance du Groupe multipartite, à l’octroi des licences, aux accords d’infrastructures, aux paiements directs infranationaux, aux dépenses quasi fiscales, au suivi des recommandations, à la documentation des résultats et de l’impact de la mise en œuvre’’.

Si la deuxième Validation ne conclut pas que la Guinée a réalisé des progrès significatifs marqués par des améliorations considérables relativement à plusieurs Exigences individuelles, le pays sera suspendu, en conformité avec la Norme ITIE.

« Les parties prenantes au sein de l’ITI, les entreprises de l’Etat doivent prendre des mesures afin de publier certaines informations sur les personnes qui sont les actionnaires (à partir de 5% du capital) des entreprises minières en Guinée. Donc les pays doivent publier les propriétaires effectives. On a eu des conversations avec les entreprises et le gouvernement pour dire que la Guinée est en retard par rapport à ce délai. D’ici ce délai, nous allons travailler avec tout le monde pour y arriver. Si on y arrive, cela va avoir un impact négatif sur la prochaine évaluation de la Guinée, et aussi cela va décrédibiliser la Guinée auprès des institutions financières comme le FMI et la Banque Mondiale » a indiqué Gesila Granado, directrice pays de l’ITIE-Guinée,  qui insiste sur le fait qu’au-delà de l’évaluation de la Guinée à partir d’août 2020, la Guinée devra dès janvier 2020 se préparer à une nouvelle exigence. Il s’agit de la propriété effective.

Autres problèmes relevés par la mission à partir des chiffres publiés par le ministère des Mines, il y a des exportations dont la quantité est plus élevée que la quantité produite. Cela pourrait s’expliquer par le fait que parfois, les entreprises disposent de quantité non exportée le mois précédant qui va s’ajouter à la quantité produite le mois suivant.

Le Conseil d’administration encourage l’ITIE-Guinée à redoubler d’efforts dans le cadre de la divulgation des paiements directs infranationaux, des octrois de licences et des dépenses quasi fiscales des entreprises d’Etat et appuyer la mise en œuvre du nouveau Fonds de développement économique local (FODEL).

Hafia Diallo

Publicité