Spoliation des propriétés des particuliers : la justice guinéenne indexée

L ’Institut de Recherche pour l’Etat de Droit et de la Démocratie (IRDED), dirigé par l’avocat Maitre Souleymane Baldé, a dénoncé, mardi 3 décembre 2019, des spoliations des propriétés dont seraient victimes des citoyens guinéens.

Au cours d’une conférence presse, Mamadou Adama Keita, résident au quartier Simanbossia, commune de Ratoma, en banlieue de Conakry, a expliqué les circonstances dans lesquelles un autre citoyen tente de lui spolier sa maison, sous la complicité de la justice guinéenne.

« J’ai reçu Issagha Condé venu devant ma cour me dire que c’est sa femme Kadiatou Diallo qui a construit là où j’habite. Il avait des dossiers que je ne connais pas. Il est venu avec sa fille, c’est sa fille qui a indiqué la maison » a raconté Mamadou Adama Keita.

Contrairement à l’arrêt de la Cour d’appel, brandit par celui qui veut lui retirer son domaine, Mamadou Adama Keita dit avoir acheté sa parcelle bien avant que le départ de M. Condé pour la Malaisie.

« Selon l’arrêt de la Cour d’appel qu’il (M.Condé, ndlr) détient, il est parti en Malaisie en 2010, il s’est marié à Kadiatou Diallo en 2009. Il se trouve que moi j’avais déjà fini d’acheter la parcelle et construire. Une différence de 3 ans.  Arrivé en Malaisie, il transférerait de l’argent à sa femme Kadiatou Diallo dans le but de construire des maisons pour lui. A son retour, il n’a pas vu Kadiatou Diallo, sa femme. C’est sa fille Oumou Condé qui est venue indexer ma cour. Alors, il a pris des précautions, en partant à la justice » accuse-t-il.

Plus loin, celui qui se dit victime de spoliation accuse la justice d’avoir tranché l’affaire sans qu’il ne soit entendu.

« La Cour d’appel lui a donné un arrêt qu’elle a rendu en lui rendant ma concession, alors que moi je ne suis ni assigné ni poursuivi en justice. Il est venu avec Mohamed Lamine Kamissoko, un commissaire de police pour l’aider à récupérer sa concession. J’étais absent, on m’a appelé qu’il y a des gens chez moi pour retirer ma concession. Arrivé, ils m’ont montré l’arrêté, alors j’ai pris un avocat. On s’est battu, on a attaqué l’arrêté de la Cour d’appel à la Cour Suprême où nous avons déposé tous les dossiers nécessaires. La Cour suprême nous accordé le sursis d’exécution de l’arrêt de la Cour d’appel » a ajouté M. Keita, qui jure que son concurrent a pu corrompre la justice afin  d’obtenir un autre arrêt de la Cour suprême.

« Mon avocat n’est pas au courant de la tenue de l’audience qui a rendu cet arrêt. La Cour Suprême l’a fait en secret. C’est lorsqu’ils m’ont envoyé une lettre d’information disant que la Cour suprême a rendu un arrêt en faveur de M. Condé que j’ai montré la lettre à mon avocat, c’est en ce moment qu’il a pris connaissance de l’arrêt. Quand tu as un problème à la justice, si tu n’as pas d’appui, c’est dire que difficilement tu obtiendras raison » se résigne-t-il.

A en croire M. Keita, la CMIS de Petit Simpbaya, conduite par l’huissier Toso Camara  s’est rendue, le 27 novembre 2019,  à son domicile pour le faire déguerpir.

Etouilles de gaz lacrymogénes

« Ils sont allés à 5h du matin pour prendre ma concession et donné à M. Condé. Ils ont réveillé tout l’entourage. Ils sont venus avec des armes, du gaz et même des balles réelles ont été tirées. Mais l’entourage s’est révolté sachant que la concession m’appartient, ils m’ont défendu. Ils avaient déjà commencé à arracher les portes et fenêtres. L’entourage a dit que rien ne bougera de là. Alors ils ont commencé à tirer du gaz et des balles » a-t-il raconté.

Pour sa part, l’avocat Maitre Thierno Souleymane Baldé, qui  n’exclut pas de porter une plainte contre Dame Kadiatou Traoré qui a rendu cet arrêt l’arrêt, a laissé entendre que des guinéens sont fréquemment victimes de cas similaires.

Hafia Diallo

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